La Route étoilée de Poul Anderson

Salut à vous, lecteurs ! Aujourd’hui, nous allons parler d’un roman assez méconnu, mais qui possède tout de même du charme. Il va surtout me permettre d’aborder un auteur phare, encore trop méconnu en France. Aujourd’hui, j’aborde…

La Route étoilée, de Poul Anderson

routeétoilée

Introduction :

Poul Anderson est un auteur américain de Fantasy et de Science-Fiction, né en 1926 et mort en 2001. Il a énormément écrit au cours de sa vie, et par conséquent, son œuvre est monumentale, en termes de romans mais aussi de nouvelles. Je tiens à également souligner que la plupart des œuvres de Poul Anderson ne sont pas traduites en français, mais cette tendance commence à s’inverser grâce à certaines maisons d’éditions, comme Le Bélial’, qui a traduit et fait paraître un certain nombre de romans et de nouvelles traduites d’Anderson, telles que L’Épée Brisée, Trois cœurs, trois lions, ou encore Barrière Mentale. Ne voyez pas là un éloge de cette maison d’édition, je salue simplement l’effort accompli dans le fait d’exhumer des textes qui sont restés inédits pendant 60 ans dans notre pays, dans le cas de L’Épée Briséepar exemple. Anderson a reçu plusieurs prix prestigieux au cours de sa vie, tels que le Prix Hugo, le Prix Nebula et le Prix Locus, qui sont trois prix récompensant les plus grands romans de Science-Fiction et de Fantasy. Il a également reçu la distinction de Grand Master en 1997 pour l’ensemble de son œuvre.

La Route étoilée est un roman originellement paru en 1956 sous le titre Star Ways (mais aussi The Peregrine), dont l’édition française la plus récente remonte à 1974, dans la collection Science-Fiction des éditions du Masque, d’après le site noosfere.org.

Le roman raconte l’histoire de Joachim, capitaine de l’équipage du Peregrine, un vaisseau du peuple Nomade, qui parcourt l’univers pour faire du commerce avec d’autres planètes. Joachim et son équipage vont se mettre en route pour débusquer et observer les intentions de « X », un mystérieux peuple qui a enlevé des vaisseaux Nomades. Joachim va être accompagné de Micah Trevelyan, un Coordinateur du Système Solaire (ou Cordy), lui aussi chargé d’enquêter sur cette civilisation etde Sean Thorikild, jeune Nomade au caractère aventureux. Le Peregrine va également accueillir une indigène aux pouvoirs télépathes, Ilaloa, amante de Sean, originaire de la planète Rendez-Vous, qui abrite le siège du conseil des Nomades. Les occupants du vaisseau spatial vont vivre des aventures à travers l’espace, mais également des aventures intérieures, puisque leurs civilisations et modes de pensée vont se confronter.

Le récit s’inscrit donc dans le genre du space-opera, dont je vais vous donner une définition pour que vous puissiez y voir plus clair. Le space-opera est un sous genre de la science-fiction, dans lequel un ou plusieurs personnages parcourent l’espace et vivent des aventures en affrontant des dangers à bord de leur vaisseau ou sur des planètes extraterrestres. Le space-opera peut posséder une dimension politique, mais aussi épique. La Geste des Princes Démons de Jack Vance ou Star Wars sont de bons exemples d’œuvres appartenant au genre du space-opera.

Pour éviter de vous spoiler, je ne rentrerai pas dans les détails de la narration de ce roman afin de préserver votre plaisir de lecture. Je vais néanmoins évoquer certains des points intéressants de La Route étoilée et les développer.

Je vais tout de même commencer par vous donner un bref avis général sur le roman.

Mon Avis :

La Route étoilée m’a beaucoup intéressé. Je l’ai trouvé bien écrit, dans un style plus que correct, avec une intrigue très fluide et dont les révélations finales sont surprenantes et bien amenées. La fin est assez tragique, mais très bien orchestrée. J’ai également apprécié le traitement des deux couples du roman (Ilaloa l’indigène et Sean d’un côté, Micah et Nicki de l’autre), qui est écrit de manière très judicieuse et qui permet de traiter des différences culturelles entre les peuples et qui permet de montrer leur acceptation à travers l’un des deux couples et leur refus avec l’autre.

Les descriptions des peuples principaux et de leurs mœurs sont très détaillées, ce qui permet de bien cerner la philosophie de ceux-ci, et en quoi elle s’applique à chacun des personnages du roman, qui tendent à la défendre ou à la contester, pour lutter contre des valeurs qui leur semblent dépassées (Micah Trevelyan se rend compte que les Solariens sont trop individualistes, Nicki veut s’émanciper, Sean veut pouvoir se marier avec une femme qui n’est pas de son espèce…). Ces descriptions détaillées sur chacune des espèces et des environnements m’ont fait penser à celles que pouvait faire Jack Vance à la même époque dans ses propres œuvres, mais de manière plus approfondie, à mon sens. Malgré cela, La Route étoilée ne manque pas de charme et se révèle être une agréable lecture.

Je vais maintenant passer aux quelques éléments d’analyse sur lesquels je vais m’attarder.

Analyse :

ATTENTION : Certains spoilers se cachent dans cette partie de l’article, lisez la à vos risques et périls.

La Route étoilée confronte des peuples et leurs cultures, à savoir les Nomades, représentés par Joachim, Nicki et Sean, les Solariens dont le Cordy Micah Trevelyan fait partie intégrante, et le peuple d’Illaloa. Les personnages confrontent leurs modes de pensées et leurs traditions dans nombre de dialogues du roman, qui permettent au lecteur d’obtenir des informations sur ceux-ci, mais aussi sur leur point de vue par rapport à ce bagage traditionnel et culturel. On voit par exemple que Joachim suit presque à la lettre les principes des Nomades, tandis que Nicki et Sean dérogent à certaines règles, notamment en ayant des relations amoureuses avec des représentants d’autres espèces que la leur. Ces personnages entrent donc en conflit avec les valeurs sociétales de leur peuple (Ilaloa et Micah le font également, mais je ne peux pas vous en dire plus), ce qui permet à l’auteur d’affirmer leur individualité et de les détacher du reste des Nomades.

Le fait de séparer Sean et Nicki des autres Nomades permet à l’auteur de les placer dans des couples avec des personnages qui ne font pas partie de leur peuple. Sean est l’amant d’Ilaloa et Nicki flirte avec Micah Trevelyan. Ces deux couples forment deux structures contraires, ce qu’on peut remarquer grâce à certains éléments de caractérisation et d’intrigue. Les sexes de Nicki et Sean sont opposés, Micah défend des valeurs qu’il qualifie d’individualistes tandis que le peuple d’Ilaloa cherche l’harmonie et la communion avec la nature, Sean ne veut pas abandonner son peuple pour vivre avec Ilaloa alors que Nicki se dit prête à suivre Micah dans son occupation de Cordy, Ilaloa ne veut pas quitter son peuple là où Micah envisage de devenir Nomade, le Cordy ne paraît pas digne de confiance aux yeux de l’équipage et est d’abord emprisonné et Ilaloa semble plus tolérée… Et surtout, leurs destins s’opposent diamétralement. L’un des deux couples connaît une fin heureuse et l’autre, une fin tragique. Ces deux fins permettent de montrer deux résultats possibles de chocs des cultures ou de civilisations évoqués dans le roman. L’Union Stellaire pour laquelle travaille Micah se méfie des Nomades et de leur mode de vie et inversement, mais les deux civilisations cherchent à mettre au jour les motivations de « X » afin d’évaluer le danger que ce peuple représente. La fin du roman est loin d’être heureuse pour tous les personnages, en grande partie à cause de la façon dont certains personnages perçoivent « X ».

On peut donc supposer qu’Anderson utilise donc cette structure de couples qui s’opposent pour montrer la pluralité des points de vue sur la question du choc des cultures. Cette pluralité lui permet également de construire un récit qui n’est pas manichéen, avec des touches positives et un côté sombre. Je tiens à souligner que cette structure d’opposition drastique se retrouve dans d’autres romans d’Anderson, avec par exemple Valgard et Skafloc de L’Épée Brisée, dont je vous reparlerai sans doute un jour.

Le Mot de la Fin :

La Route étoilée est un roman charmant. Ce n’est pas l’œuvre de Poul Anderson que je préfère (votre humble serviteur s’étant entiché de L’Épée Brisée), mais elle vous fera assurément passer un bon moment et présente des thèmes intéressants, avec une certaine poésie, mais également une dose d’humour, ce qui est rare chez cet auteur, à ce qu’il me semble. La Route étoilée peut également constituer une bonne introduction à Poul Anderson et au genre du space-opera en général.

Je vous l’accorde, le roman a plus de soixante ans en version originale et quarante en version traduite, par conséquent vous aurez beaucoup de mal à le trouver. Cependant, les librairies revendant des livres d’occasion peuvent faire des merveilles, et Google peut se révéler un incroyable allié lorsqu’il s’agit de retrouver des livres un peu oubliés par les rééditions !

Voilà c’est tout pour cet article, n’hésitez pas à le commenter pour me donner votre avis sur le livre ou sur ma chronique !

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