Le Royaume de Placida

Salut à tous ! Est-ce que vous appréciez les récits de Fantasy classique ? Et les récits qui cherchent à véhiculer un message ? Dans ce cas, vous apprécierez sûrement…

Le Royaume de Placida, de Coralie Fouriau

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Introduction :

 

Je tiens à débuter cet article en remerciant l’auteure du Royaume de Placida de m’avoir envoyé son livre.

Coralie Fouriau est une auteure française née en 1989. Le Royaume de Placida est son premier roman, édité aux éditions Persée, depuis juin 2017.

Je vous fournis une copie de la quatrième de couverture que vous pouvez trouver sur le site des éditions Persée, car vous résumer le roman moi-même serait porteur de spoilers.

« Cette histoire se passe en l’an 502. Un peuple voyageait depuis longtemps entre terres et mers. Puis ce peuple découvrit une île tellement agréable qu’il décida de s’y installer et la nomma « Placida ». L’île offrait de bonnes ressources et le souverain faisait son possible pour satisfaire les besoins de son peuple. Celui-ci savait qu’avec le roi Soriys, le prince Timilas et sa femme Télia, l’île connaîtrait des jours heureux.

Mais ceci était sans compter sur l’intervention d’un mage noir. Un jour, l’ombre s’empara de Placida. Par son esprit malin, le mage noir réussit à renverser la situation et fit condamner les femmes à un triste sort. L’aigreur du nouveau roi Timilas avait fini par faire fuir sa propre fille Daria. Toutefois, la jeune princesse ne comptait pas en rester là. Elle promit de se venger des hommes par n’importe quel moyen. Quelle sera alors la destinée des placidiens ? »

Le roman raconte donc les aventures de Daria, mais aussi celles de Golfrid, le chevalier favori du roi Timilas amoureux de Daria, dans leur quête pour sauver leur pays du mage noir Vorn et du triste destin des femmes. C’est un récit de facture classique, mais qui se révèle assez efficace et qui porte en lui une certaine morale, et c’est sur ces deux points que portera mon analyse d’aujourd’hui ! Comme d’habitude, je vais faire attention aux spoilers, parce que cette chronique relève à la fois de l’avis et de l’analyse.

L’Analyse :

 

Une Fantasy classique mais efficace :

 

Le Royaume de Placida est un récit de Fantasy classique. Je tiens à préciser que je n’utilise pas le terme « classique » dans un sens péjoratif ou mélioratif et qu’il me sert simplement à classer l’œuvre de Coralie Fouriau dans les genres de l’imaginaire. De plus, cette appellation m’est utile pour caractériser rapidement les récits de ce type, parce qu’ils renvoient à un schéma scénaristique connu :

Un antagoniste a bouleversé l’ordre du monde (Vorn, Timilas) et il appartient à un ou plusieurs protagonistes (Dalia, Golfrid) de le restaurer à travers une quête qui les conduira à renverser l’antagoniste majeur.

Ce schéma peut vous paraître vu et revu, mais il prend plutôt bien dans Le Royaume de Placida, ce qui est peut-être dû à la facilité de lecture du texte, qui fait que vous le lirez rapidement. Certains passages et descriptions peuvent toutefois paraître assez, voire trop courts, et auraient gagnés à être approfondis. J’ai aussi constaté quelques problèmes de concordance des temps à certains endroits du texte.

Malgré cela, l’univers présenté, à savoir l’île de Placida et ses environs, les personnages et les créatures qu’ils rencontrent sont décrits de manière physionomiste, et il est donc assez facile de les imaginer.

Ensuite, l’une des forces du roman est de mettre en scène des personnages qui sont peu manichéens et (c’est à dire des personnages qui ne peuvent être que bénéfiques ou maléfiques, mais pas entre les deux) et qui portent une grande part de tragique en eux. Daria, malgré son statut d’héroïne, possède une part sombre et violente, constituée par un profond ressentiment envers son père et les hommes, auxquels elle veut s’opposer mais dont elle emploie tout de même les méthodes violentes. Timilas, le roi qui promulgue les lois qui ruinent la vie des femmes et des familles de Placida finit par regretter de les avoir rédigées. Jereth, le chef des parias, a perdu sa mère à cause des lois sur les femmes et souhaite restaurer le régime où elles n’étaient pas opprimées.

Seuls Golfrid, le chevalier qui aime Daria, et Vorn le mage noir sont manichéens, mais cela contribue à l’efficacité du récit. Puisque Godfrid est élu par une « prophétie » et n’accomplit pratiquement que de bonnes actions au cours du roman, il faut bien que Vorn, l’ennemi auquel il s’oppose, soit un personnage purement négatif.

Les dieux prennent part et commentent les événements qui se déroulent sur Placida, alors que les deux divinités les plus puissantes, Gliddry et Elydda, prônent la neutralité. Vorn est épaulé par Sana, la « déesse de la sorcellerie ». Nissa, « déesse de la révolte et de la liberté » va aider Daria, mais je ne vous en dirai pas plus. Le panthéon que Coralie Fouriau n’a donc pas un but uniquement décoratif et possède une utilité pour le récit, comme le montre la dispute entre Doll et Rivia, respectivement déesses des « du vent et de la tempête » et « des mers et des océans », quand les placidiens sont sur la mer qui relie leur île à celle de Vorn.

Les créatures monstrueuses que doivent affronter les héros donnent lieu à des affrontements assez épiques et souvent sanglants, ce qui permet de souligner la violence qu’elles déchaînent, notamment ceux contre le « dragon » et le « Dunkleosteus », que j’ai beaucoup apprécié.

Le Royaume de Placida est un donc un récit de fantasy classique, puisqu’il met en scène des créatures monstrueuses, des divinités, des héros positifs et des antagonistes purement négatifs, mais pas seulement, puisque le panthéon divin a une réelle utilité pour le déroulement du récit et que tous les personnages ne sont pas manichéens. Je vais maintenant rapidement aborder la morale portée par le roman.

Une morale intéressante :

 

Si Le Royaume de Placida paraît à certains égards manichéen, c’est parce qu’il cherche à véhiculer une certaine morale, à savoir que les femmes sont les égales des hommes. C’est certes une morale classique, mais elle a le mérite d’être bien agencée au récit et de ne pas apparaître de manière aléatoire.

En effet, la promulgation des lois permettant aux maris d’être violents avec leurs femmes est directement liée au scénario, tout comme le fait qu’elles disparaissent. Ce sont également ces lois qui forgent certains des personnages, comme Dalia, Jereth, ou encore Myrsine, puisqu’en leur nuisant directement, elles les font évoluer.

Ensuite, la violence contenue dans ces lois nous est montrée à travers des exemples vivants, que croisent les personnages sur leur chemin, notamment les femmes que rencontre Daria. Coralie Fouriau montre les conséquences des lois sur les femmes en montrant directement au lecteur ce qu’elles subissent pour signifier qu’elles sont injustes.

Enfin, ces lois permettent de créer une atmosphère assez sombre dans le récit, ainsi qu’un climat d’urgence dans certains moments, que je ne vous spoilerai évidemment pas !

Le mot de la fin :

Malgré ses quelques défauts d’écriture, Le Royaume de Placida se laisse lire et nous offre un récit intéressant en plus d’un message plus qu’important à notre époque. Il ne faut pas non plus oublier qu’il s’agit là d’un premier roman, et je pense que Coralie Fouriau est loin d’écrit son dernier mot et qu’elle possède une grande marge de progrès ! J’attends ses prochains romans, et je tiens à la remercier encore une fois de m’avoir envoyé Le Royaume de Placida !

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