L’Artefact, de Jamie Sawyer

Te souviens-tu d’Avatar, lecteur ? Pas le dessin animé., le film de James Cameron. Oui ? Intéressant. Aimes-tu les space-opera et la SF militaire ? Re-oui ? Alors prépare-toi. L’œuvre dont je vais te parler aujourd’hui va sans doute te plaire.

L’Artefact, premier tome de la série Lazare en guerre, de Jamie Sawyer

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Introduction :

 

Jamie Sawyer est un auteur britannique né en 1979. Il exerce le métier d’avocat. Il est l’auteur de la série Lazare en Guerre, dont les deux premiers tomes (et également une novella), L’Artefact et La Légion ont été traduits et publiés chez L’Atalante en Janvier et Août 2017.

Je vais donc m’intéresser aujourd’hui au premier tome.

Je vous mets ici la quatrième de couverture du roman :

« CAPITAINE CONRAD HARRIS : DÉCÉDÉ

Le voilà, le moment que je déteste. Me réveiller, c’est toujours pire que mourir. Et notre homme sait de quoi il parle ; il en a connu des missions suicides, incarné dans un « simulant », un clone aux capacités neurophysiologiques exceptionnelles. Ce n’est pas pour rien qu’on l’a surnommé Lazare, cet éternel ressuscité. Son équipe de SimOps et lui sont les soldats d’élite de l’Alliance, engagés dans la guerre impitoyable de l’humanité contre les Krells. À qui d’autre confier la mission « Clef-de-voûte » ? Elle les entraînera en territoire ennemi, vers une station de recherche secrète chargée d’étudier un mystérieux artefact qui n’est ni krell ni humain. Mais les meilleurs guerriers ne sont pas toujours préparés à ce qui les attend. Et Harris lui-même poursuit une autre quête qui le tourmente… »

Le roman est donc raconté à travers le point de vue du capitaine Conrad Harris, à la première personne et au passé. Il va se centrer sur le déroulement de l’opération « Clef-de-voûte », mais également servir de tome d’introduction à cette série.

Mon analyse se centrera d’abord sur l’univers, la narration et les personnages, puis j’aborderai le fait que le roman réfléchit sur la guerre.

L’Analyse :

 

Univers, narration, personnages :

 

L’univers dans lequel se déroule le roman se situe au 23ème siècle, alors que l’humanité a colonisé des centaines de mondes dans la Voie Lactée grâce à des vaisseaux pilotés par des IA surpuissantes qui permettent de faire des « sauts-Q » (qui, je suppose, signifient « sauts-Quantiques) pour voyager loin dans l’espace. Cependant, pendant son avancée, l’humanité a rencontré la race belliqueuse des Krells, qui sont des aliens possédant six bras et une tête de requin. Les Krells et les humains sont donc entrés en guerre (guerre dont je vous parlerai plus bas), au grand désavantage des humains.

La quête du mystérieux « artefact » sur la planète « Hélios » pourrait permettre aux humains de l’emporter sur les Krells, grâce à certaines de ses propriétés. À noter que si les humains se battent contre les Krells, ils font également la guerre entre eux, puisque deux factions s’opposent dans l’univers dépeint par Jamie Sawyer : l’Alliance, qui regroupe les pays occidentaux et le Directoire, qui regroupe les pays asiatiques.

Avec cette atmosphère de guerre et le contexte de la mission de la section de Harris, ne vous attendez donc pas à une ambiance ou à un ton joyeux. Les scènes d’action et les dialogues sont très crus et violents, et je trouve que le ton est donné dès le premier chapitre. Si vous n’êtes pas fans de tripes humaines ou aliens, ne lisez pas L’Artefact. En revanche, si vous êtes amateur de scènes d’action gores et fleurant bon la testostérone, le roman vous plaira.

Les personnages de L’Artefact pourront vous sembler quelque peu déjà vus, mais cela n’enlève rien à leur efficacité, et au fait qu’ils sont très intéressants à suivre.

Le capitaine Conrad Harris, par exemple, est très sympathique. Comme dit plus haut, on suit le militaire de carrière marqué par le programme SimOps à la première personne et au passé. Cela permet d’avoir le point de vue direct du personnage, de rendre un peu mieux ses émotions et ses pensées, mais également de mieux montrer son rapport aux autres personnages du récit, son équipe notamment. On découvre également son histoire personnelle (sa vie de famille, son entrée dans le programme SimOps) à travers des flash-backs qui nous montrent pourquoi le programme compte autant pour lui, en plus de nous faire observer l’intériorité assez sombre de ce personnage. Alors oui, ça peut paraître un peu cliché (le militaire endurci un peu sombre), mais personnellement le capitaine Harris me plaît beaucoup.

Les membres de la « section » de Harris sont tous individualisés et possèdent des caractéristiques qui leurs sont propres et qui les rendent sympathiques au lecteur. J’ai particulièrement aimé Jenkins et Kaminski, l’une grâce à son tempérament, et l’autre grâce à son humour ravageur (avec notamment une blague de très mauvais goût sur le fait que la Californie ait reçu une bombe nucléaire). Les autres membres de la « section » de Harris sont également intéressants, et tous possèdent une certaine profondeur de par leurs liens avec leur capitaine ou les autres membres.

Le thème de la guerre :

 

Si vous pensez que L’Artefact est juste un roman avec des militaires qui défouraillent de l’alien à tour de bras, détrompez-vous (enfin, à moitié seulement). Le roman de Jamie Sawyer propose tout de même quelques réflexions sur la guerre.

En effet, dans le roman, le capitaine Conrad Harris et sa « section » sont des « opérateurs » du programme « SimOps ». Ce programme militaire a pour but de retirer le facteur humain des batailles, puisque les « opérateurs » commandent à distance des versions génétiquement améliorées d’eux-mêmes (vous voyez donc pourquoi j’ai mentionné le film Avatar en début d’article), les « simulants » qui sont fabriquées en usine et non dotées de conscience. Néanmoins, les simulants peuvent mourir, ce qui peut occasionner des dommages psychologiques et physiques chez leur opérateur. Dommages qui peuvent parfois entraîner de très lourds traumatismes, puisqu’ils vivent sans cesse leur propre mort, ou même les tuer. Dans le roman, on constate que le personnage de Blake est traumatisé par ces expériences de mort. Les opérateurs doivent donc faire attention à leur santé mentale lorsqu’ils utilisent leurs simulants. Ils développent également un sentiment d’addiction à les utiliser, à cause du sentiment de puissance que les simulants leur procure, mais aussi parce qu’ils se sentent faibles dans leurs propres corps. Ces sentiments d’impuissance et d’addiction se perçoivent à travers le personnage du capitaine Conrad Harris dans la narration et dans la manière dont il rend compte de son incapacité à agir dans son véritable corps, alors même qu’il a été soldat par le passé. L’opération « Clef-de-voûte » va néanmoins lui imposer de se servir de son véritable corps, comme vous pourrez le voir. Le roman traite donc de l’addiction à la guerre et au combat, mais aussi de leur déshumanisation. Il montre que des soldats qui ne vivent plus réellement leurs combats deviennent comme des accros aux FPS. Ils aiment jouer à faire la guerre, mais ne comprennent pas qu’elle peut véritablement être meurtrière.

La race alien des Krells, quant à elle, se base sur une biotechnologie poussée à l’extrême pour affronter l’humanité. En effet, les Krells sont tout simplement capables de « cultiver » des armes à feu, des munitions, et même des vaisseaux spatiaux, sans avoir besoin de les fabriquer ! Autrement dit, tous les outils qu’ils utilisent sont organiques et pas manufacturés. Ils vivent dans le « Maëlstrom », une zone de la galaxie extrêmement dangereuse en raison de son nombre de trous noirs et « d’orages gravimétriques », que les humains ne peuvent pénétrer qu’avec d’extrêmes précautions. Les Krells ont également un esprit de « collectif », qui leur permet de communiquer entre eux sur de très longues distances, entre autres. Leurs formes sont également variées, avec par exemple les formes « primaires », « secondaires » ou encore les « hurleurs ». Ces formes possèdent des capacités différentes. On en sait finalement peu sur les Krells, et j’ai vraiment hâte d’en apprendre plus sur eux dans les prochains tomes de la série. On ne sait par exemple pas comment le « traité » entre les humains et les Krells a été conclu. Traité qui est d’ailleurs remis en question par bien des événements de ce roman.

Le conflit entre le Directoire asiatique et l’Alliance occidentale est également assez présent dans le récit et permet de montrer que l’humanité, même lorsqu’elle est en guerre contre une race alien extrêmement puissante, n’est toujours pas unie et reste sensible aux conflits d’intérêts.

Le mot de la fin :

 

L’Artefact est un très bon roman de SF qui secouera et vous fera réfléchir, grâce à ses scènes d’action violentes et une narration riche en rebondissements, le tout raconté par un personnage que vous apprécierez suivre ! J’ai vraiment hâte de lire la suite de cette série !

2 commentaires sur “L’Artefact, de Jamie Sawyer

  1. Waouh!
    Ca c’est de la critique et je suis entièrement d’accord avec toi sur ce roman. J’ai juste un petit point divergent, mais une broutille : je n’ai pas apprécié Harris autant que toi. Mais pour tout le reste je suis sur ta ligne !

    Aimé par 1 personne

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