Sombres cités souterraines, de Lisa Goldstein

Salutation, lecteur. Cette semaine, je vais te parler de Lisa Goldstein, avec

Sombres cités souterraines

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Introduction

 

Lisa Goldstein est une autrice américaine de fantasy et de science-fiction née en 1953. Elle a publié une petite quinzaine de romans depuis 1982. Le dernier en date a été publié en 2015 aux États-Unis.

C’est une autrice dont les œuvres sont peu traduites en France, puisque trois traductions sont parues dans les années 1980-1990 chez Denoël dans « Présence du fantastique » et chez Payot & Rivages. Depuis 2017, ce sont Les Moutons Électriques qui la traduisent. Ils ont publié Sombres cités souterraines en Janvier 2017, Amaz en Octobre 2017, et L’Ordre du labyrinthe en Janvier 2018. Sombres cités souterraines a d’ailleurs remporté le prix 2018 des Imaginales.

Sans plus attendre, voici la quatrième de couverture du roman :

« Dans son enfance, Jerry avait été pris par sa mère comme modèle pour le héros d’une série d’aventures magiques. Reclus, le vieil homme a été retrouvé par une jeune journaliste, Ruthie, bien décidée a obtenir une interview. Ensemble, ils vont découvrir que la réalité ressemble étrangement à la fiction. Dans les souterrains du métro de la ville, d’anciens mythes rôdent et des dimensions différentes sont reliées. »

Mon analyse portera sur l’appartenance du roman au genre de la fantasy urbaine, puis à l’aspect réflexif qu’il propose sur le surnaturel. L’analyse sera assez courte, non pas parce que je n’apprécie pas le roman, mais parce que je n’ai pas trouvé grand-chose à dire (ce qui n’altère en rien sa qualité). Toutefois, je tenais quand même à vous en parler, donc c’est parti !

 

L’Analyse

 

Fantasy Urbaine

 

Sombres cités souterraines appartient au genre de la fantasy urbaine (un sous-genre de la fantasy où le récit… se déroule dans une ville. Si si, je vous assure!) au sens strict, puisque le roman se déroule dans des cadres strictement urbains (New-York, Londres, Oakland). Les personnages vont donc évoluer dans des structures familières, telles que des immeubles ou des stations de métro et des souterrains (beaucoup). L’autrice transforme ainsi des villes en cadres de surnaturel et donne une dimension magique à des lieux extrêmement familiers.

Le cadre dans lequel se déroule le roman est par conséquent familier, tout comme ses personnages. Ruthie apparaît de prime abord comme une journaliste mère de famille divorcée assez banale, et Sarah semble être une jeune cadre ordinaire (elle est même qualifiée de « yuppie » ordinaire dans le roman). Ces personnages peuvent paraître tout à fait ordinaires, et c’est leur mise en contact avec le surnaturel qui va les forcer à s’adapter.

Le seul personnage qui sort de la banalité, mais qui cherche à y entrer (vous comprendrez pourquoi pendant votre lecture), c’est Jerry Jones, qui n’est pas aussi ordinaire qu’il ne le laisse paraître. En effet, il est le fils d’une autrice célèbre, E. A. Jones, et est donc le héros présumé de la série des Jeremy, des romans pour la jeunesse mettant en scène un jeune garçon, Jeremy, qui découvre le « Pays Imaginé » et y vit des aventures. Le jeune Jeremy les aurait ensuite raconté à sa mère, qui aurait alors écrit les romans de la série. Seulement, arrivé à l’âge adulte, Jerry (qui a changé de prénom), semble avoir été traumatisé par ce qu’il a, ou pourrait avoir vécu dans son enfance. L’autrice met donc en jeu deux questions : Et si tout était vrai ? Et si oui, à quel point ces histoires ont pu être déformés, par l’enfant ou par sa mère ? Ces deux questions sont cristallisées dans le thème majeur de la confrontation de l’adulte avec l’enfance et ses souvenirs, qui ne sont pas toujours aussi innocents qu’on pourrait le croire. Le freudisme est d’ailleurs à ce titre assez violemment malmené par l’autrice, qui montre que tout n’est pas qu’une question de complexe œdipien.

Une réflexion sur le surnaturel

 

Le roman met en jeu des réflexions assez poussées sur le surnaturel de par sa mise en scène. Ainsi, Lisa Goldstein joue avec les origines mythologiques et merveilleuses de la fantasy, en convoquant la mythologie égyptienne (ce n’est pas vraiment un spoil, la magnifique couverture et les en-têtes de chapitres vous mettent très vite au courant), mais également en évoquant des récits merveilleux comme Alice au pays des merveilles, Peter Pan, Le Vent dans les saules, et même Le Hobbit (je sais, Le Hobbit appartient pleinement à la fantasy). Les personnages de Perceval et du Roi Pêcheur, qui appartiennent à la littérature médiévale (dont la fantasy s’est également nourrie), apparaissent également, ce qui fait que toutes les origines du genre sont convoquées dans le roman. La convocation de ces sources dans un monde moderne permet de mettre en scène de manière presque littérale le « caractère régressif » de la fantasy, et je dois avouer que cela m’a beaucoup plu !

Je tiens toutefois à préciser que l’expression « caractère régressif » de la fantasy n’est en rien péjorative, elle vient de l’essai de Jacques Baudou, La Fantasy, dans la collection « Que sais-je », et elle signifie simplement que le genre de la fantasy met en scène une vision d’un passé.

Cette mise en scène permet d’illustrer une confrontation entre un ordre ancien, représenté par le surnaturel et le « Monde en Bas », et un ordre nouveau, représenté par le « Monde en Haut » et soutenu par l’industrie et la science, avec le métro notamment. Cet ordre nouveau peut ainsi supplanter et même surpasser l’ancien dans la compréhension du monde. L’autrice confère un aspect surnaturel à des éléments familiers, qui deviennent même des enjeux de son roman, avec les souterrains secrets du métro qui abritent des choses fascinantes, mais je ne vous en dirai pas plus !

Lisa Goldstein joue également avec les motifs de la répétition et des « archétypes », qui montrent pourquoi les mythes sont universels, mais également leurs limites, d’une certaine façon (vous le verrez à la lecture).

 

Le mot de la fin

 

Avec Sombres cités souterraines, j’ai découvert la plume de Lisa Goldstein, qui joue avec les sources de la fantasy dans un cadre urbain pour créer une ambiance bien moins bon enfant que ce que l’on pourrait penser de prime abord !

Je pense que je lirai d’autres romans de cette autrice.

Vous pouvez également consulter les chroniques de Célindanaé, Blackwolf, Boudicca

6 commentaires sur “Sombres cités souterraines, de Lisa Goldstein

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