Lady Mechanika, Tomes 1 et 2 (Le Mystère du corps mécanique), de Joe Benitez

Salutations, lecteur. Je t’ai déjà parlé d’œuvres steampunk par le passé. Aujourd’hui, je vais te montrer ce que ce genre peut donner en Bande Dessinée, avec

Lady Mechanika, Tomes 1 et 2 (Arc «  Le Mystère du corps mécanique) de Joe Benitez

 

 

Introduction

 

Avant de commencer, j’aimerais signaler que désormais, mes chroniques de BD traiteront des arcs narratifs complets (lorsqu’ils le seront) et pas des volumes seuls, à moins qu’ils ne constituent à eux seuls un arc narratif. Par exemple, pour Lady Mechanika, je chroniquerai les tomes 1 et 2 ensemble parce qu’ils forment un seul arc narratif, puis le tome 3 qui en forme un, puis le tome 4 qui contient deux aventures standalone. Ensuite, je joindrai quelques planches des BD chroniquées à mon article pour que vous puissiez avoir une idée de la patte graphique adoptée par les auteurs de l’œuvre.

Joe Benitez est un dessinateur et un scénariste de comics américain d’origine mexicaine né en 1971. Avant de lancer sa propre structure éditoriale, Benitez Productions, il a travaillé pour la maison Top Cow d’Image Comics, notamment pour les séries Weapon Zero, The Darkness (pas le groupe de hard rock britannique, l’anti-héros tueur démoniaque), mais également pour DC Comics, avec le numéro 11 de Supergirl et le numéro 823 de Detective Comics.

Avant de créer Lady Mechanika, il a créé Wraithborn (dont je vous parlerai sans doute bientôt) avec Marcia Chen.

Mais venons-en à l’œuvre qui nous intéresse aujourd’hui.

Lady Mechanika est une série de comics débutée en 2010 et toujours en cours actuellement. Selon les dires de l’auteur, chaque arc narratif peut-être lu indépendamment des autres, mais ceux qui lisent les volumes dans l’ordre (ou qui lisent tous les volumes) seront plus à même de comprendre l’univers de la BD et de s’y immerger. Au moment où j’écris ces lignes, Glénat Comics a traduit et publié le comics en 5 volumes, qui reprennent par ordre chronologique les arcs publiés en V.O. .

Aujourd’hui, je vais vous parler du premier arc de Lady Mechanika, intitulé « Le Mystère du corps mécanique », rassemblé dans les deux premiers volumes publiés chez Glénat.

Voici la quatrième de couverture du premier volume :

« Dans un monde fait de magie et de science, une femme enquête sur son passé…

Elle est l’unique survivante d’une terrible expérience qui l’a laissée avec deux bras mécaniques. N’ayant aucun souvenir de sa captivité ou de son existence passée, elle s’est construit une nouvelle vie d’aventurière et de détective privée. Elle use de ses capacités uniques pour agir là où les autorités en sont incapables. Mais la quête de son passé perdu ne s’arrête jamais. Les journaux l’ont appelée : “ Lady Mechanika ” !

Nouvelle pépite de Joe Benitez, Lady Mechanika raconte les chroniques d’une jeune héroïne forte mais tourmentée. Une véritable quête d’identité dans une Angleterre victorienne revisitée et très steampunk, où la magie et la superstition se confrontent aux découvertes scientifiques. Un premier arc en deux tomes. »

Le lecteur suit donc les aventures du personnage éponyme, Lady Mechanika, une femme possédant des prothèses mécaniques (aux bras, mais aussi aux jambes), qui enquête sur son mystérieux et troublant passé, mais également sur d’autres affaires relevant de l’occulte, d’une science étrange, ou d’un mélange des deux.

Dans ce premier arc, Lady Mechanika va enquêter sur une jeune fille à qui l’on a greffé des prothèses mécaniques, au sein de Mechanika City, dans laquelle se tiendra bientôt la Mechani-con, organisée par le mystérieux industriel Blackpool…

Mon analyse évoquera dans un premier temps le dessin et sa forte identité steampunk, puis je vous parlerai plus en détails du personnage de Mechanika et des points d’intérêt de l’univers de ce comics.

 

L’Analyse

 

Graphisme steampunk

 

Avant de vous parler du graphisme de Lady Mechanika, j’aimerais redonner une rapide définition de ce qu’est le steampunk. Le steampunk est un genre littéraire et une esthétique marqué par le rétrofuturisme, c’est-à-dire la manière dont on peut imaginer le futur dans un passé fantasmé, le plus souvent dans le cadre de la révolution industrielle du 19ème siècle. Les œuvres steampunk réimaginent donc le passé en le dotant d’une technologie futuriste qui garde l’esthétique de l’époque. Elles sont donc parsemées de personnages dotés de monocles, de hauts de forme, de robes victoriennes, des machines à vapeur, des machines dotées de rouages, des inventions plus ou moins folles, et les fameuses lunettes de sécurité (ou goggles), qui sont devenues emblématiques du genre.

Des œuvres notables du genre sont Les Voies d’Anubis de Tim Powers, Homunculus de James Blaylock, Machines Infernales de K. W. Jeter (qui sont les trois œuvres fondatrices du genre), ainsi que la Trilogie de la lune de Johan Heliot et Confessions d’un automate mangeur d’opium de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit pour le steampunk français.

Lady Mechanika appartient complètement au genre du steampunk, tant dans son décor que dans son univers graphique. En effet, la BD se situe dans une Angleterre (et plus généralement une fin de 19ème) complètement revisitée et uchronique, dans laquelle on peut trouver des machines volantes, des machines à vapeur, et même des cyborgs et des « automates » (des robots) !

Lorsqu’on observe les planches de l’œuvre de Joe Benitez, on peut effectivement s’apercevoir de cette appartenance au steampunk. Les rouages, la vapeur et les inventions inspirées de l’esthétique du 19ème siècle sont omniprésents (il suffit de regarder l’automate et le dirigeable de Blackpool, ou encore la machine de volante de Lewis). Les costumes sont également très cohérents avec l’époque du 19ème, avec les costumes et robes que portent Lady Mechanika ainsi que les autres personnages, avec les hauts de formes, les goggles…

En ce qui concerne les personnages (et même les environnements), le dessin est très fouillé avec des détails, les expressions des personnages ressortent toujours de manière très vive et dynamique, les environnements urbains et mécaniques sont toujours dotés d’une certaine extravagance propre au genre du steampunk. Certaines prothèses et certains cyborgs (je ne vous spoilerai pas) possèdent également cet aspect extravagant, presque monstrueux, mais toujours dotés d’une certaine beauté, qui est assez éloignée des robots et des prothèses mécaniques assez lissées qu’on peut retrouver dans les œuvres de SF futuristes.

 

Personnages et thématiques

 

Lady Mechanika est un personnage intéressant et plutôt complexe. En effet, elle constitue une figure d’héroïne mystérieuse et dure à cuire, qui possède un passé et des origines troubles qu’elle tente d’explorer tant bien que mal, malgré les traumatismes et les discriminations qu’elle subit (elle est parfois traitée comme une monstruosité par les personnes qu’elle croise). C’est une femme forte, qui malgré sa beauté, n’use pas de charmes, mais de ses poings et de son intellect pour combattre le crime et faire éclater la vérité dans ses enquêtes. Lady Mechanika apparaît donc un personnage doté d’une forte identité et de nuances, que ce premier arc illustre plutôt bien, puisqu’en enquêtant sur la jeune fille doté de bras mécaniques, Mechanika va être confrontée aux mystères de son passé, mais également aux problématiques que peut poser ce même passé. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, avec Lewis, l’acolyte rouquin et inventeur de Mechanika qui ajoute un certain humour au récit tout en n’étant pas un simple comic relief, tandis que les antagonistes, Blackpool et Caïn, possèdent une grande part de mystère.

La BD aborde également des questionnements scientifiques et éthiques à propos de la science et de ses buts, en abordant les questions suivantes : A-t-on le droit de mécaniser les gens ? Peut-on prendre des hommes et des femmes comme cobayes pour les transformer en machines ? Un cyborg peut-il toujours être considéré comme un être humain ? Ces questionnements (et quelques autresà sont incarnés et traités à travers les personnages de Blackpool et de Caïn qui apparaissent tous les deux comme des scientifiques fous, Blackpool parce qu’il cherche à l’utiliser pour satisfaire son besoin de domination, et Caïn parce qu’il semble avoir été littéralement rendu fou par la science. Les objectifs de Caïn (et Caïn lui-même) sont extrêmement mystérieux, et il ne fait aucun doute qu’il réapparaîtra dans un arc ultérieur, puisque ses motivations ainsi que ses liens avec Mechanika semblent assez complexes et confèrent une grande part de mystères à ce premier arc.

Enfin, j’aimerais noter la présence d’éléments qui semblent liés à la magie et à l’occultisme (je ne peux pas vous en dire plus sans vous spoiler), ce qui confère une part d’originalité à l’univers créé par Joe Benitez !

 

Le mot de la fin

 

Les deux premiers volumes de Lady Mechanika nous donnent à voir un univers résolument steampunk incroyablement bien dessiné et détaillé, doté de thématiques, d’une intrigue et de personnages forts, notamment le personnage éponyme, qui est une héroïne forte et mystérieuse !

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