Twelve Demons Kings (T1), de Yamamoto Shin

,Salutations, lecteur. Aujourd’hui, je fais ma première chronique de manga avec

Twelve Demon Kings (Tome 1), de Yamamoto Shin

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Introduction

 

Yamamoto Shin est un mangaka japonais qui a travaillé sur la série Monster Hunter Flash, une adaptation du jeu-vidéo Monster Hunter en tant que dessinateur, avant de se consacrer à sa propre série, Twelve Demon Kings en 2015. Actuellement, la série est prépubliée en VO dans le magazine Famitsu Comic Clear et est éditée par Enterbrain. Six volumes ont été publiés pour le moment au Japon. En France, la série est traduite et publiée chez Pika Éditions, et les deux premiers tomes sont actuellement disponibles (le troisième paraîtra en Janvier 2019).

Sans plus tarder, voici la quatrième de couverture du premier tome de ce manga :

« Dans un monde où les démons sèment le chaos et la destruction, l’humanité a perdu tout espoir et vit ses derniers instants. Seul un mystérieux individu ne baisse pas les bras. Son nom : Adu. Rassemblant une équipe d’habiles combattants, il s’est mis en tête d’éliminer un à un les surpuissants douze rois-démons qui règnent sur l’Enfer. Mais ce chevalier n’est pas celui qu’on croit et cache un secret des plus terrifiants… »

Mon analyse de ce manga va fonctionner comme mes autres chroniques de BD, c’est-à-dire que je vous parlerai du dessin dans un premier temps, puis de la narration, des personnages et des thématiques dans un second temps. Je tiens également à préciser que les chroniques manga seront sans doute assez courtes. N’hésitez pas en tout cas à me faire part de vos impressions en commentaire !

L’Analyse

 

Un trait porteur de déséquilibres entre humains et démons

 

Le trait de Yamamoto Shin est assez classique en ce qui concerne les designs des personnages humains, qui ne sortent pas forcément des sentiers battus ou des stéréotypes de certains mangas, avec par exemple le guerrier géant très musclé et chauve qui manie des lames gigantesques, le mage en armure longue. Je nuancerais toutefois en disant que le lecteur comprendra bien vite pourquoi les designs de ces personnages sont quelque peu stéréotypés, mais également en avançant que malgré cette sensation de déjà vu, les charadesigns sont tout de même réussis, notamment celui du personnage principal, Adu, qui dégage une aura charismatique et énigmatique dès les premières pages, avec son regard et son sourire qui rappellent fortement Gin Ichimaru de Bleach tout s’en distinguant, puisque ses cheveux sont plus longs et que ses vêtements ne sont pas les mêmes. Notez bien que les ressemblances que je relève ne montrent pas un jugement de valeur de ma part (« le manga est moins bien parce que tel personnage ressemble à tel autre »), je l’évoque parce qu’elle m’a sauté aux yeux à la lecture et que je trouve que les deux personnages ont beaucoup en commun dans leur attitude et dans leur construction, ce qui est bon point.

Twelve Demon Kings - 1 - Tome #1 - Page 8

(En bas à gauche, le personnage principal, Adu, et son énigmatique sourire)

Le design des monstres, des dragons et surtout des démons est également bien réalisé et possède une touche d’originalité. Les créatures démoniaques sont marquées par leur gigantisme, et les êtres humains ne sont rien face à eux. Même les simples « démons des surfaces » peuvent tuer plusieurs dizaines d’hommes, tandis que les « démons des profondeurs » et les « rois-démons » sont surpuissants et dépassent très largement l’humanité toute entière, puisqu’ils peuvent tuer cent mille personnes avec seulement le son de leur voix. Les démons ont une apparence monstrueuse, avec des dizaines de bras et plusieurs têtes, par exemple. L’auteur appuie également sur l’aspect démesuré des pouvoirs des démons en leur donnant une taille gigantesque, ce qu’on remarque en observant la place qu’ils prennent sur les planches par rapport aux personnages humains. Cet aspect démesuré permet également au lecteur de comprendre rapidement pourquoi l’humanité est aussi désespérée face aux démons.

 

Narration et personnages

 

Twelve Demon Kings se déroule dans un univers de Dark Fantasy qui peut rappeler Berserk à certains égards, notamment vis-à-vis de la faiblesse de l’humanité face à un surnaturel totalement hostile et barbare. En effet, l’humanité perd un conflit contre les rois-démons venus envahir le monde en détruisant tout sur leur passage. Les tentatives de contre-offensives se sont soldées par des échecs cuisants, puisqu’un seul de ces rois-démons a réussi à tuer 200 000 hommes avec sa voix, et même les « héros officiers », censés être des soldats capables de faire face à des démons, sont complètement dépassés par la puissance de leurs adversaires. L’Humanité est donc complètement impuissante face aux démons qui vont l’anéantir, et elle n’a même plus d’espoir, puisque la plupart des personnages semblent résignés ou désespérés.

Cette impuissance de l’Humanité est soulignée par les combats totalement déséquilibrés entre les démons et les guerriers, puisque malgré leur puissance, les héros officiers se font purement et simplement massacrer, même ceux qui sont les meilleurs.

Pourtant, un espoir subsiste pour les Hommes. Cet espoir, c’est le personnage principal, Adu, qui est très ambigu moralement, mais également très mystérieux.

Attention, lecteur. Cette partie de la chronique est porteuse de spoilers. Si tu ne veux pas que certains pans de l’intrigue du manga te soient révélés, je te conseille de sauter ce qui va suivre pour aller directement à la conclusion.

Adu est un guerrier extrêmement fort, capable de tenir tête aux rois-démons, mais pour cause, il est l’un des roi-démons lui-même (le douzième, plus précisément). Il a trahi sa race pour devenir un humain, à cause de motivations qui sont encore floues et qui seront sans aucun doute révélées dans les volumes suivants. L’un des rois-démons est donc le seul espoir pour l’humanité de survivre face à l’invasion des autres démons, mais c’est plus complexe que cela. En effet, Adu devient plus faible à chaque fois qu’il tue l’un des rois-démons, parce qu’il perd de son essence démoniaque pour gagner en humanité. En plus de montrer que les démons sont plus forts par essence que les humains, cela implique aussi qu’Adu va de plus en plus avoir besoin de la coopération de l’Humanité pour éliminer les autres rois-démons. Le personnage devra donc s’adapter au monde des Hommes alors qu’il ne les comprend pas du tout. Cela répond à un schéma assez classique de la créature non-humaine intelligente qui doit comprendre l’irrationnel et les sentiments humains, mais l’auteur apporte une touche d’originalité en faisant d’Adu un personnage très calculateur, qui se sert de l’Humanité pour accomplir ses objectifs et qui se livre à de la manipulation et des calculs d’intérêt pour compenser sa perte de puissance. Il doit également préserver son secret à tout prix, ce qui fait qu’il est prêt à tuer toute personne ayant conscience de sa véritable nature. Le lecteur verra donc qu’il manque encore beaucoup d’humanité au personnage et qu’il possède encore une grande part de violence, ce qui fait de lui un personnage ambigu et plutôt intéressant !

Le mot de la fin

 

Twelve Demon Kings est un manga qui, au vu de ce premier tome, est assez prometteur, avec un univers très sombre, porté par des démons gigantesques et surpuissants, auxquels s’oppose une Humanité défaillante et un personnage principal mystérieux et ambigu. La chronique du deuxième tome paraîtra très prochainement !

5 commentaires sur “Twelve Demons Kings (T1), de Yamamoto Shin

  1. Monh ça m’a l’air bien sympa ça ! Cela me fait légèrement penser à Claymore dans une certaine mesure avec les monstres qui mangent les entrailles des humains obligés de faire appel à des femmes sans pitié pour en venir à bout (et les Ainés qui sont d’une taille monstrueuse et d’une puissance inégalable également). Hâte de voir comment sera la suite (et si il y a une version animée, tiens moi au courant 😉 )

    Aimé par 1 personne

      1. Claymore je ne sais pas pour les manga mais la version anime ne contient qu’une saison (je crois que ça fait plus ou moins 11 ou 12 mangas) et ils n’hésitent pas avec les combats, le sang et les viscères, même si Berserk est d’un niveau encore plus violent à mon sens. Je crois que tu devrais vraiment apprécier ces petits bouts de femme, que cela soit en manga ou version animée. Mais il y a un vrai pitch et un backgrownd assez développé derrière et c’est ça qui est vraiment intéressant.

        Aimé par 1 personne

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