Interview de Nicolas Texier

Salutations, lecteur. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de te proposer une interview de Nicolas Texier, l’auteur d’Opération Sabines et d’Opération Jabberwock, respectivement parus dans le cadre des Pépites de l’Imaginaire chez les Moutons Électriques en 2018 et 2019.

Je remercie chaleureusement l’auteur d’avoir répondu à mes questions et d’avoir donné autant de détails !

Vous pouvez retrouver toutes les autres interviews en suivant ce tag, mais également dans l’onglet « Interview » dans le menu du blog !

Sur ce, je laisse la parole à Nicolas Texier.

 

Interview de Nicolas Texier

 

Marc : Peux-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas ?

Nicolas Texier : J’ai 49 ans, je vis et travaille en région parisienne, où je suis archiviste au ministère des Armées. J’ai publié trois romans dans la NRF aux éditions Gallimard, avant de m’orienter récemment vers la fantasy, avec Opération Sabines, parue en 2018 et Opération Jabberwock (sa suite), qui vient de paraître en février 2019, tout ça chez les Moutons Electriques. Je suis aussi rôliste, et amateur de jeux de plateau.

 

Marc : Depuis combien de temps écris-tu ?

Nicolas Texier : Je pourrais dire à peu près depuis toujours, mais après quelques tentatives à l’adolescence, j’ai longtemps attendu d’être prêt. La chose était trop importante pour s’y livrer à la légère, et j’ai passé plusieurs années à lire beaucoup, essentiellement des auteurs classiques et contemporains, dont beaucoup espagnols, portugais ou sud-américains.

 

Marc : Es-tu rôliste ? Joues-tu à des jeux-vidéos ? Quelles sont tes références dans ces domaines ?

Nicolas Texier : Rôliste oui, depuis l’adolescence, avec des moments où je me suis tourné vers autre chose. Très peu de jeux vidéos, en revanche, hormis peut-être Skyrim et quelques jeux de stratégie. Pour ce qui est du jeu de rôle, je me souviens des longues campagnes d’Ad&D, de l’Appel de Cthulhu, de Runequest, du Jeu de rôle de la Terre du Milieu ou autres (notamment un jeu de rôle historique dans l’Europe médiévale) que j’ai menées ou jouées dans ma jeunesse. Plus récemment, j’ai renoué avec le jdr, à travers des univers maison (fantastique dans les années 1940, superhéros, contemporain-fantastique…) En ce moment, je mène une campagne de Meute, un jeu de Julien Moreau publié l’année dernière par John Doe.

 

Marc : Comment t’es venue l’idée de l’univers de Monts et merveilles ?

Nicolas Texier : J’avais très envie d’écrire un roman de fantasy, mais sans vouloir aller vers un univers médiéval ou Renaissance, un peu pour éviter le registre épique ou ce qui s’écrit beaucoup dans ce domaine, mais surtout parce que je souhaitais être en phase avec les esprits de mes personnages, ce qui n’était possible qu’avec des gens dotés de mentalités contemporaines. La période de l’entre-deux-guerres m’a toujours intéressé, et elle cadrait bien avec ce que j’avais envie de faire. Tout ça permettait notamment que la dimension politique des sociétés telles qu’elles ont été influencées par l’existence de la magie ne soit pas absente. Et que les deux camps qui s’affrontent dans Monts & Merveilles le fassent pour des raisons géopolitiques et surtout idéologiques, tenant à la vision qu’ils ont du monde et du progrès, et pas pour des questions de nature, « gentils » contre « méchants ». D’où d’ailleurs un certain relativisme, qui, je l’espère, met ces romans à l’abri de la caricature.

 

Marc : Combien de temps as-tu mis pour rédiger chacun des deux premiers tomes de la série ? Quels sont tes meilleurs et pires souvenirs de rédaction ? As-tu des anecdotes à partager ?

Nicolas Texier : Pour ce qui est de la durée, j’ai mis environ une année pour chacun, sachant que je n’écris réellement qu’une grosse demi-journée par semaine, mais avec de la conception/réflexion entre chaque séance d’écriture. Je n’ai pas de mauvais souvenir précis ; comme tout le monde, il y a des jours où ça ne marche pas, à cause de la fatigue ou de préoccupations diverses, des sessions où on sent qu’on s’égare et qu’on s’acharne sans rien faire de bien, ce qui peut être à la fois exaspérant et déprimant. Et heureusement, il y a une majorité de séances satisfaisantes, où les pages s’enchaînent naturellement et dont on peut être content à la fin de la journée.

Et puis il y a aussi une minorité de moments magiques, où l’histoire coule d’elle-même et où surgissent des choses, à la fois en termes de scènes et d’écriture, que je n’avais pas vraiment prévues et qui sont un émerveillement. C’est d’ailleurs un peu de ces moments là dont traite Monts et Merveilles, dont l’enjeu principal est lié à l’enchantement du monde : ces moments de « magie narrative », quand les personnages et les situations semblent presque prendre vie sous le clavier.

Quant à des anecdotes, la seule que je peux citer tient à la manière dont le ton et la personnalité de Julius Khool (prononcer « kôl ») se sont imposés dès le début du projet, presque comme une voix intérieure, un peu intimidante (on parle quand même d’un vétéran farouche qui doit faire ses deux mètres et 110 kg de muscles et d’expérience !) et autour de laquelle s’est bâtie le projet, pour ce qui est de la narration.

 

Marc : Le personnage-narrateur de la série, Julius Khool, a un caractère et une manière de raconter marquante. Est-ce que l’idée de le choisir comme narrateur t’es venue naturellement ?

Nicolas Texier :  Oui, dès le départ, y compris avec son visage, son passé, son allure générale, son égo, ses excès et sa manière de raconter les choses très « récit d’aventure du 19e s. », qui regarde du côté d’auteurs comme Conrad, Stevenson ou Melville, et dont le côté « récit viril occidental » est pondéré par les traumatismes qu’il a vécus, son goût de vieux soldat pour la poésie et son parcours d’homme de couleurs.

 

Marc : Opération Sabines et Opération Jabberwock présentent de nombreuses références littéraires, tant classique (Paul Valéry, Baudelaire, Victor Hugo, Virgile…) qu’imaginaires (Lewis Carroll, Edgar Allan Poe, Lovecraft…). Peux-tu nous en dire plus sur ta culture littéraire et la manière dont elle influe sur tes romans ? Pourquoi avoir choisi de faire ces références ?

Je pourrais parler pendant des heures de tous les écrivains et de tous les récits qui m’ont marqué. Comme en musique, (presque) chaque période ou mouvement de la littérature contient ses grands artistes, et j’ai un éventail de livres qui agissent pour moi comme des sources d’inspiration voire des chocs salutaires. À chaque fois que je travaille sur un texte, je trouve deux ou trois récits sur lesquels m’appuyer, des pages à relire en cas de doute, et qui vont me redonner l’énergie et le ton nécessaires. Pour Opération Sabines, ça a surtout été Melville, pour Moby Dick ou pour La Véranda. Jabberwock a davantage été voir du côté de Lewis Carroll, comme du récit d’horreur (évidemment Lovecraft, mais plus pour l’idée que j’ai gardé de récit comme La musique d’Eric Zahn ou Charles Dexter Ward, que pour les textes eux-mêmes) et du côté du western (comme Lonesome Dove ou comme La captive aux yeux clairs). Il doit aussi des choses à Diadorim, un roman extraordinaire sur des vachers errant dans le sertaõ brésilien, de Joã Guimares Rosa.

Et si j’ai choisi de placer, dans les livres de la série Monts et Merveilles, autant de références, c’est autant par goût personnel, que pour enrichir le roman de très brefs extraits de ces grands textes, que Julius Khool cite volontiers, autant par passion que parce qu’il a ce vieux côté « culture classique du gentilhomme » déjà un peu suranné à son époque. La fantasy utilise très peu ce substrat de textes splendides, essentiellement parce que ça se déroule la plupart du temps dans des univers fictionnels dont ces auteurs sont absents. Mais peut-être aussi par peur de se montrer pédant, ou parce que le genre lui-même entretient un rapport compliqué à la littérature dite classique. C’est se priver malheureusement de beaucoup de richesses (et tout d’abord de toute une culture qui renforce et approfondit la toile de fond). Et en insérant ces courtes citations dans mes romans, sous forme un peu de fulgurances, ça me permet de les partager, et peut-être de les faire découvrir à des gens dont ce n’est pas la culture, parce qu’ils ont approché ces auteurs uniquement dans un cadre scolaire et contraint.

 

Marc : Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?

Nicolas Texier :  Comme je le dis plus haut, cela dépend et change à chaque roman. J’aurais donc du mal à en parler dans l’absolu, même s’il y a des auteurs, notamment dans la littérature portugaise ou hispanophone, qui m’ont vraiment marqué (je pourrais citer Les Détectives sauvages, de Roberto Bolaño, Demain dans la bataille pense à moi de Javier Marias, ou L’ordre naturel des choses, d’Antonio Lobo Antunes). À côté de ça, la structure de la trilogie Monts et Merveilles doit aussi naturellement des choses au Seigneur des Anneaux. Et un livre comme le Quenta Silmarillion reste à mes yeux autant un idéal, que Du côté de chez Swann, Herzog de Saul Bellow ou L’éducation sentimentale de Flaubert.

Et je me dois d’ajouter que je lis également beaucoup d’essais, surtout historiques, pour me documenter, quand je travaille sur un texte. Pour Jabberwock, ça a été par exemple L’empire comanche, de Pekka Haimelainen…

 

Marc : Tu es l’auteur de romans de littérature dite générale chez Gallimard (L’Acteur, Pôle Sud…). Est-ce qu’écrire des romans de Fantasy est une expérience différente de la rédaction de romans de littérature blanche pour toi ?

Nicolas Texier : Fondamentalement non. L’exigence est à peu près la même, et l’idée reste de produire des textes qui soient à la fois dotés d’une certaine ambition littéraire et d’une structure narrative solide. La fantasy s’avère cependant, pour moi, plus généreuse sur deux choses : la liberté narrative (à la fois dans les éléments de l’histoire, et dans ce que je peux me permettre de faire figurer dans le récit) et la légèreté de ton, ce côté « roman d’aventure » que peut avoir Monts et Merveilles et qui permet d’aborder des thèmes importants, tout en conservant du rythme et une pincée d’humour.

L’un des marqueurs du genre que constitue la « littérature blanche » est notamment, dans les enjeux du récit comme dans le ton général, une certaine gravité (voire une certaine pesanteur) ou une certaine distance qui se traduit volontiers par de la froideur, par une approche clinique des choses, dénuée d’empathie. De ce point de vue, commencer à écrire de la fantasy (outre que j’en avais eu envie depuis toujours) s’est avéré très libérateur. Et beaucoup plus joyeux.

 

Marc : Tu participes aussi à des travaux sur l’histoire militaire. Est-ce que cela a influencé ton écriture ?

Nicolas Texier : À la marge, seulement, et uniquement sur les éléments du récit et non sur l’écriture. Mais je tiens beaucoup à la vraisemblance, dans mon approche presque « réaliste » de la fantasy, et avoir des connaissances en histoire militaire m’a permis de faire en sorte que Julius, quand il évoque ses souvenirs, semble savoir de quoi il parle. Ça m’a aussi permis d’envisager ce que l’absence de poudre à canon et l’existence de la magie, dans l’univers de Monts et Merveilles, a pu avoir comme conséquences sur les manières de faire la guerre, sur la géopolitique ou sur la colonisation.

 

Marc : Tes romans, et l’univers de Monts et merveilles de manière générale opèrent un énorme mélange des genres et des ambiances (espionnage, uchronie, fantasy, western…). Est-ce que ces mélanges se sont opérés naturellement ? Pourquoi avoir choisi ces mélanges particulièrement ?

Nicolas Texier : Comme pour les citations d’auteurs classiques, faire appel à ces genres et les mêler fait partie de tout ce que j’essaye d’offrir au lecteur. Et c’est aussi une question de goût, parce que ce sont des choses que j’aime et je souhaite partager. J’ai l’heur de croire que ce mélange fonctionne, d’autant que je souhaitais, pour Jabberwock, évoquer tous ces mythes que l’Amérique transporte dans l’imaginaire occidental (ou en tout cas dans le mien) : les vieilles rues de Providence d’HPL, le Chicago des polars hard-boiled, le western… L’idée, en empruntant au registre du roman d’espionnage, à celui du roman de cape et d’épée ou à celui de l’horreur ou de l’épopée, est d’en tirer le meilleur de chacun, pour un mélange inédit. Mais surtout, l’histoire elle-même emprunte naturellement tous ces genres, en l’englobant dans un récit d’aventures, dans lequel je joue un peu de ce que le lecteur peut avoir en tête quand on lui parle d’espionnage ou d’uchronie. Un soupçon de postmodernisme, en somme…

 

Marc : L’univers de Monts et merveilles mettent en scène l’outre monde, un monde parallèle à celui des humains dans lequel vivent des créatures surnaturelles. Pourquoi avoir choisi de créer ce monde ? Comment t’es venue cette idée ?

Nicolas Texier :  Tout l’enjeu de la trilogie repose sur l’existence même de la magie, et il était dès lors logique de créer deux camps opposés : des matérialistes, attachés à l’idée du progrès et à l’éradication des outres-mondes, lesquels s’opposent au fonctionnement normal des lois fondamentales de la physique (et empêchent de ce fait le fonctionnement de la poudre à canon), versus le camp des mages, représenté par les Royaumes-Unis, qui représente une société plus conservatrice, adossée à ces outres-mondes. Dès lors que je mettais en scène des créatures issues plus ou moins des limbes, il m’a semblé utile et nécessaire qu’elles proviennent effectivement d’une dimension particulière, ne serait-ce que par sa composition atomique. Tout cela participe à ce souci que je peux avoir de la vraisemblance, dans ce cadre fantastique.

 

Marc : Tu as créé un système de magie, « Les Treize Voies Merveilleuses », qui regroupent et classent les différents domaines de magie que l’on trouve dans le monde occidental, et tu les as différenciées des magies que l’on trouve ailleurs dans le monde, telles que celles des natifs américains par exemple. Pourquoi avoir choisi de donner à chaque culture ou peuple une magie spécifique ?

Nicolas Texier :  En réalité, ce que tu appelles un système est simplement une manière qu’a eu la science occidentale de classifier ses propres pratiques magiques, un peu à la manière ce qui s’est fait à la même époque pour les espèces animales par exemple. D’autres civilisations disposent naturellement d’approches différentes, même si l’Occident bénéficie, toujours dans cet univers, du positivisme et du rationalisme dans sa manière d’appréhender le domaine et de réaliser certains progrès, grâce à la recherche. Il n’en reste pas moins que l’essence même de la magie est la même pour tous, désignée et pratiquée simplement de façon différente.

 

Marc : Tu abordes des thèmes sérieux dans tes deux romans, avec par exemple la question de l’utilisation du progrès technologique dans Opération Sabines, ou le colonialisme en Amérique dans Opération Jabberwock. Pourquoi avoir choisi de traiter ces thématiques ? En quoi le ressort de l’imaginaire t’aide-t-il à les traiter ?

Nicolas Texier : Je crois simplement que cela vient naturellement de ce qui me tient à cœur. Et puis cela m’aurait semblé étrange par exemple d’esquiver le sujet du colonialisme en mettant en scène un western, alors que le genre lui-même est presque entièrement défini par le colonialisme, dans sa vision des « Indiens » comme dans la notion même de Frontière. Je parlais tout à l’heure de liberté narrative, et le ressort de l’imaginaire permet justement de traiter de tels thèmes grâce à cette liberté, parce que cela m’offre la possibilité de créer les circonstances dans lesquelles les personnages peuvent être mis en scène, par exemple en train de suivre un rituel cheyenne. Cela aurait été beaucoup difficile à faire sans le ressort du fantastique, à moins d’écrire tout le récit dans cette approche.

 

Marc : Quels personnages de tes romans préfères-tu ? Est-ce que certains d’entre eux t’ont semblé difficiles à écrire ?

Nicolas Texier :  Je crois que j’ai naturellement beaucoup de tendresse pour la majorité des personnages que je mets en scène. Même si je suis naturellement plus attaché aux deux personnages principaux et plus globalement à la petite famille qu’ils finissent par former à la fin du deuxième volume. Je crois que j’ai de toute façon un goût particulier pour les groupes disparates et improbables, parce que beaucoup plus de choses passent entre les personnages, que si j’avais mis en scène, mettons, une bande de soldats des forces spéciales, tous bâtis sur le même modèle viril. Et je n’ai pas souvenir d’avoir peiné pour écrire tel ou tel personnage, y compris dans la galerie des adversaires, parce que l’idée a été d’aller chercher dans chacun ce qui pouvait m’intéresser à mettre en scène…

 

Marc : Sans rentrer dans les détails, un personnage explique dans Opération Jabberwock qu’Excalibur transforme son porteur en un simple vecteur de son pouvoir, ce qui peut rappeler la Stormbringer d’Elric, de Michael Moorcock. Est-ce un clin d’œil volontaire ?

Nicolas Texier :  Ça aurait pu, Elric a été une grande lecture de jeunesse, et reste une des grandes créations d’univers imaginaire. Mais les capacités d’Excalibur regardent davantage du côté des récits arthuriens ou de l’Anneau Unique, en réalité. Mais il en est ainsi de tous les grands artefacts, de tout ce qui donne un grand pouvoir, comme la possession de l’arme nucléaire, qui a profondément changé la mentalité occidentale en ce qui concerne les manières de faire la guerre.

 

Marc : Tes romans, Opération Sabines et Opération Jabberwock, font tous deux partie des Pépites de l’Imaginaire des Indés. Est-ce que cela te met la pression ?

Nicolas Texier : Oui et non. C’est surtout une reconnaissance de mon travail qui me fait plaisir et honneur et que je ne vois pas du tout comme une contrainte ou une pression. Mais les attentes des lecteurs pour la suite complexifient en revanche le « cahier des charges », en ce sens où il faut offrir ce que les gens ont apprécié, tout en apportant également de la nouveauté à l’ensemble. C’est le défi qu’offre une œuvre en plusieurs opus.

 

Marc : Peux-tu nous parler de tes prochains projets d’écriture, et/ou du prochain tome de Monts et merveilles ?

Nicolas Texier :  J’ai beaucoup de projets en tête (et trop peu de temps pour tout écrire !). Mais là, je suis donc sur la suite de Opération Jabberwock. La Deuxième Guerre mondiale a commencé et, comme ce qui s’est passé en 1940, la Grande-Bretagne se retrouve seule pour lutter contre un ennemi qui maîtrise des armes nouvelles (suite à ce qui es advenu dans Opération Sabines). Quelqu’un, à l’Intelligence Service a dès lors l’idée d’envoyer nos deux protagonistes chercher le roi Arthur en Avalon, afin de sauver la Bretagne. Une première partie du récit se déroule donc en mer, lors de cette quête. Puis les personnages se font parachuter en Europe occupée afin d’aller s’attaquer aux racines du mal, qu’ils ont entrevues au cours de leur périple.

 

Marc : Quelle est ta vision de la Fantasy ? Que penses-tu des évolutions récentes du genre ?

Nicolas Texier :  Je connais trop mal le domaine pour me permettre d’en parler doctement. Mais disons que ce que j’essaye de faire, c’est de profiter au maximum de la liberté que permet le genre, qui va de Games of Thrones à Flash Gordon, en passant par L’Iliade, Gagner la guerre, le Livre des contes perdus ou par Conan le Cimmérien. C’est dire si l’espace est vaste (peut-être plus vaste que la science-fiction, de ce point de vue) et s’il serait dommage de s’enfermer dans de supposés attendus du genre que lui prête trop volontiers la bitlit, par exemple…

 

Marc : T’imposes-tu une discipline ou une méthode pour écrire ?

Nicolas Texier :  Pas de méthode, non, hormis de se ménager les meilleures conditions possibles à ce que s’exerce cette liberté dont je parle autant. Et pour ce qui est de la discipline, elle est surtout imposée par les circonstances, qui font que j’écris lors de mon temps partiel, un jour par semaine, en réfléchissant beaucoup entre deux « prises », pour faire une analogie avec le cinéma, par exemple.

 

Marc : Quels conseils donnerais-tu aux jeunes auteurs ?

Nicolas Texier :  Concevoir la nuit, écrire plutôt le matin quand on a l’esprit frais, et s’endormir en imaginant les scènes. Beaucoup lire, naturellement, et autant de l’imaginaire que des auteurs de littérature générale, sans s’obliger nécessairement à aller vers les classiques (quoi qu’il y ait des choses indépassables), ou vers des textes rebutants, mais vers ce qui va vous sortir de votre zone de confort, vous surprendre, vous intriguer, bref provoquer des choses au-delà des émotions produites par le récit. Donc ne pas perdre trop de temps à lire ou à regarder des choses simplement plaisantes, et ne pas hésiter surtout à lire par extraits, y compris au hasard, en s’efforçant d’être sensible à ce qui fait l’essence du passage. Je trouve personnellement beaucoup plus d’inspiration dans des bouquins comme Herzog de Saul Bellow ou Mantra, de Rodrigo Fresan, que dans d’autres ouvrages plus proches de la fantasy, parce que ce sont des livres dont la prose puissante ouvre et ventile l’imaginaire du lecteur. L’un des points-clés est à mon avis dans la liberté. L’autre étant à mes yeux la volonté de conter et transmettre un récit, de narrer une histoire.

 

Marc : Quelles sont tes prochaines dates de dédicace ?

Nicolas Texier :  Je serai à l’Escale du livre à Bordeaux les 6 et 7 avril, ainsi qu’aux Imaginales d’Epinal, les 24, 25 et 26 mai.

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