L’Histoire de la Fantasy (1/5) : Les Grands Anciens

Salutations, lecteur. Aujourd’hui, je commence une série d’articles dans lesquels nous allons explorer ensemble l’Histoire de la Fantasy. Cette série d’articles sera dédiée aux deux personnes qui ont chaleureusement accepté de relire ces articles. Je les en remercie infiniment.

 

L’Histoire de la Fantasy – Les Grands Anciens

 

Introduction

 

La série d’articles « L’Histoire de la Fantasy » va traiter de l’histoire du genre. Cette première partie va traiter des origines de la Fantasy et de l’époque pré-J. R. R. Tolkien. Elle couvrira donc la fin du 19ème siècle et la première moitié du 20ème. Le suivant traitera de Tolkien et de son influence sur le genre, de ses contemporains et de l’essor de la Fantasy. Par la suite, j’aborderai la modernité du genre. Les dernières parties seront consacrées à la Fantasy en France, à la Fantasy française, et aux clichés qui circulent sur le genre. Si vous avez des précisions à ajouter et si des détails manquent, n’hésitez pas à me le signaler en commentaire.

Ces articles sont en partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France et la Saison de la Fantasy qu’elle organise pour faire découvrir le genre au public, en traitant de son histoire et de son aspect transmédiatique et protéiforme. Je vous invite d’ailleurs à consulter le site consacré à la Fantasy mis en ligne par la BNF, qui vous permettra de découvrir le genre de manière ludique.

Commençons par définir le genre de la Fantasy. C’est un genre littéraire dans lequel le surnaturel est présent sous la forme de créatures inventées et de magie, acceptés comme une norme, et dont les récits se déroulent au sein de mondes alternatifs, c’est-à-dire des mondes qui diffèrent du nôtre par leur géographie, leur histoire, les peuples qui vivent en leur sein, et les éléments magiques que l’on peut y trouver. Le genre a été popularisé auprès du grand public par les œuvres de Tolkien (Le Seigneur des anneaux 2001-2003), Georges R. R. Martin (Le Trône de fer 2011-2019), et J. K. Rowling (Harry Potter, 2001-2011) et leurs adaptations cinématographiques ou télévisuelles. Le genre s’est également fait connaître par les jeux-vidéos comme The Elder Scrolls : Skyrim (Bethesda, 2011), The Witcher (CD Projekt, 2007-2015), Dragon Quest (Square Enix, 1986-2017) ou encore Final Fantasy (Square Enix, 1987-2016).

Aujourd’hui, on connaît donc la Fantasy de manière plus ou moins directe, mais ses origines peuvent rester assez floues. C’est pourquoi dans cet article, je vais aborder la question des origines de la Fantasy, et d’auteurs de l’époque d’avant la publication du Seigneur des anneaux.

 

Aux origines de la Fantasy

 

On entend parfois que des œuvres de l’Antiquité telles que L’Énéide de Virgile ou L’Odyssée d’Homère relèvent de la Fantasy, puisqu’elles mettent en scène des créatures et des héros dotés de pouvoirs surnaturels. Cette idée est discutable et doit être nuancée. En effet, si la Fantasy se situe dans la lignée des épopées antiques, des récits de chevalerie ou encore des contes folkloriques, elle n’en est pas moins un « genre contemporain », pour reprendre les termes de l’auteur Lionel Davoust. Premièrement, qualifier des récits épiques ou porteurs de surnaturel tels que L’Épopée de Gilgamesh ou L’Enfer de Dante Alighieri de Fantasy est un anachronisme, puisque le genre n’existait pas à cette époque. Ensuite, la différence entre les récits épiques et folkloriques et la Fantasy est une distance et un recul temporel et sociétal. Les auteurs de Fantasy s’inspirent et puisent dans le matériau du folklore et des légendes pour leurs récits au sein de notre monde contemporain et désenchanté par l’industrialisation et la technologie, placés en opposition des anciennes croyances et aux modes de vie ruraux. La Fantasy introduit donc un réenchantement de l’époque contemporaine grâce à une réutilisation des cultures et des mythes passés. Ce réenchantement implique une distance par rapport au passé, que les récits antiques ne peuvent pas établir avec eux-mêmes. Le passé mythique, mais aussi historique, est ainsi qualifié de « soupe » par Tolkien, et sert donc directement aux auteurs de Fantasy. On retrouve directement cette inspiration dans les récits qui réécrivent les mythes comme La Trilogie du Latium (1972-1977) de Thomas Burnett Swann qui reprend l’histoire d’Énée, ou indirectement, avec des auteurs qui s’inspirent de folklores et de légendes pour créer leur propre univers, de la Terre du Milieu dépeinte par Tolkien dans Le Seigneur des anneaux (1954-1955) et Le Silmarillion (1977), qui comprennent des Elfes et des Nains jusqu’à Shahra (2018) de Charlotte Bousquet qui met en scène des djinns.

Vous aurez donc compris qu’il est anachronique de dire qu’un texte datant de l’antiquité relève du genre de la Fantasy. Cependant, les auteurs que vous allez croiser au cours de cet article ont été rattachés de manière rétrospective au genre de la Fantasy, car ils créent des mondes en s’inspirant des mythes et du folklore. Le terme est en effet utilisé à partir de la deuxième moitié du 20ème siècle, après le ras de marée éditorial provoqué par Tolkien pour les qualifier.

Les origines de la Fantasy se situent au 19ème siècle en Angleterre. Ce siècle voit également naître les deux autres genres de l’imaginaire, à savoir la science-fiction et le fantastique. Le 19ème siècle anglais, c’est l’époque de la Révolution industrielle, c’est-à-dire le moment où s’amorce le passage d’un mode de vie majoritairement rural à une urbanisation de plus en plus grande, ce qui engendre une volonté de retourner aux sources mythiques dans la culture pour réenchanter le quotidien et les arts. À ce titre, le mouvement artistique des préraphaélites, qui peignaient les héros mythologiques et des scènes issus des pièces de Shakespeare par exemple, va irriguer les premiers récits de Fantasy. Ainsi, l’un des premiers auteurs de Fantasy au sens strict, c’est William Morris (1834-1896) membre des préraphaélites, et auteur de La Source au bout du monde (1896) du Lac aux îles enchantées (1897) ou encore La Plaine étincelante (1890) qui sont des récits d’apprentissage se déroulant au sein de monde inventés. Les récits de William Morris mettent déjà en scène des éléments que l’on retrouvera dans la Fantasy ultérieure, puisqu’il crée des mondes et mobilise le topos de la quête, repris des récits épiques et moteur d’un grand nombre de romans de Fantasy. Les récits de William Morris sont donc porteurs des bases de la Fantasy et s’ancrent ainsi dans le genre.

La Princesse et le gobelin (1872) de George MacDonald (1824-1905) qui s’adresse à un jeune lectorat relève également du genre. Son auteur reprend le matériau folklorique pour créer un monde inspiré par l’époque médiévale, opposant des rois humains à des gobelins.  Il met aussi en scène des artefacts magiques, notamment une bague qui permet à son porteur de toujours retrouver son chemin. Les artefacts porteurs de pouvoirs magiques constituent un motif récurrent dans les récits de Fantasy postérieurs, à commencer par le fameux Anneau Unique de Tolkien.

La deuxième moitié du 19ème siècle britannique voit donc naître le genre de la Fantasy, qui va ensuite se consolider dans la première moitié du siècle suivant, avant le séisme causé par Le Seigneur des anneaux en 1954.

 

L’Avant Seigneur des anneaux : Fantasy britannique et Pulps américains

 

Le Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien aura une influence énorme sur la Fantasy, mais entre sa date de publication, au milieu des années 1950, et la fin du 19ème siècle, le genre se développe au Royaume-Uni, mais aussi aux États-Unis.

Au début du 20ème siècle, un auteur irlandais, Lord Dunsany (1878-1957), publie en 1905 un recueil intitulé Les Dieux de Pegana. Ce recueil est constitué de fragments courts, qui relatent la cosmogonie d’un monde dans l’univers de Pegana créé par des dieux fictifs pendant le sommeil de leur seigneur, Mana-Yood-Sushai. À travers Les Dieux de Pegana mais également ses recueils de récits suivants, tels que Le Livre des merveilles (1912) et Le Dernier livre des merveilles (1916), Lord Dunsany crée des mythologies artificielles dans des mondes alternatifs. L’auteur introduit donc la forme courte et un style, qualifié de rythmé et d’incantatoire, qui aura une influence sur des auteurs tels que Lovecraft, qui déclare « Dunsany m’a certainement plus influencé que n’importe quel autre écrivain vivant » (il l’écrit le 28 Juillet 1932 dans une lettre adressée à Richard Ely Morse). Ainsi, Lord Dunsany est l’un des premiers auteurs de Fantasy à incorporer des éléments de cosmogonie et des mythologies artificielles, en créant des dieux et des personnages légendaires. Les mythologies inventées s’observeront par la suite tant chez Tolkien, qui détaille avec précision les différents stades de la création de son monde, Arda, que chez des écrivains plus contemporains, tels que Steven Erikson dans Le Livre des martyrs.

En Angleterre, E. R. Eddison (1882-1945), s’illustre avec Le Serpent Ouroboros (1922) puis les récits de Zimmavia, Mistress of Mistresses (1935), A Fish Dinner in Memison (1941) et The Mezentian Gate, resté inachevé mais publié de manière posthume en 1958. Les récits d’Eddison se déroulent dans des mondes alternatifs et dépeignent des batailles épiques et chevaleresques, comme on peut le voir dans Le Serpent Ouroboros, qui raconte la guerre entre les Démons et les Sorciers sur une planète Mercure fantasmée. Eddison confère une dimension épique et chevaleresque à son récit, qui se retranscrit jusque dans son style, qui s’avère très riche, puisque le roman est écrit en anglais du 17ème siècle. Eddison inspirera Tolkien, mais aussi un grand nombre d’auteurs de Fantasy, de par son style très riche et descriptif, allié à des éléments épiques tels que l’épithète homérique et des descriptions détaillées de batailles.

À la même époque en Angleterre, Hope Mirrlees (1887-1978), une autrice britannique queer et poétesse, publie Lud en Brume (1926), un roman de Fantasy, qui met en opposition le pays de Dorimare, un monde où vivent des humains dans une société rigide. Elle bannit ainsi le surnaturel et l’irrationnel, et la Faërie, une contrée où se trouvent des créatures surnaturelles, qui sont bannies de Dorimare parce qu’elles sont supposées corrompre l’Humanité par leur discours et les drogues qu’elles échangent avec eux. Avec Lud en Brume, Hope Mirlees introduit d’une certaine manière la distinction entre une Humanité supposée rationnelle, qui rejette ce qu’elle ne peut pas comprendre, et un surnaturel rattaché aux mythes, aux croyances et donc à l’irrationnel. Cela lui permet de mettre en évidence les problèmes d’une société figée dans ses codes et ses conceptions. Cette dichotomie entre rationnel et surnaturel va jusque dans la description de deux mondes distincts, celui de l’Humanité et celui de la Faërie. On peut retrouver cette idée chez Poul Anderson dans son roman Trois Cœurs, trois lions (1961), qui met en scène un soldat du 20ème siècle transporté dans un monde féerique au sein duquel la Loi et le Chaos s’opposent, mais aussi dans les récits du Sixième Royaume d’Adrien Tomas, comme par exemple La Geste du Sixième Royaume (2011), dans lequel les créatures surnaturelles d’une Grande Forêt affrontent des humains qui cherchent à la détruire.

Vingt ans plus tard, en Angleterre, Mervyn Peake, illustrateur, auteur et poète, publie entre 1940 et 1959 le cycle de Gormenghast, qui comprend notamment les romans Titus d’enfer (1946) et Gormenghast (1950). Les récits de Mervyn Peake décrivent la vie du personnage Titus d’Enfer au sein du gigantesque et labyrinthique château de sa famille, soumise à des rituels sophistiqués et dotée de personnages excentriques. Cela leur confère une dimension à la fois gothique, grotesque et sublime. Grâce à ses romans, Mervyn Peake apporte du baroque au genre, qui s’observera par la suite dans le cycle d’Elric de Michael Moorcock, à travers ses descriptions de la cour de Melniboné notamment, et montre également qu’il est possible de dépeindre des mondes alternatifs avec peu ou pas d’éléments magiques.

Parallèlement aux publications des auteurs britanniques dans cette première moitié du 20èm, une autre tradition de la Fantasy émerge aux États-Unis. C’est en effet l’époque des pulp magazines, qui sont des magazines de littérature dite populaire vendus à très bas prix en raison de la qualité de leur papier. On y trouve des nouvelles relevant du polar, de l’horreur, du fantastique, de la SF, ou de la Fantasy, à l’image de Weird Tales (1923-1954). C’est dans ce dernier que sont publiés à cette époque deux auteurs dont l’influence se fait encore sentir sur la Fantasy, à savoir Robert E. Howard et Clark Ashton Smith, tous deux contemporains d’un troisième écrivain non moins illustre, et dont l’influence irrigue les genres de l’imaginaire dans leur entièreté, à savoir H. P. Lovecraft, surnommé le Maître de Providence.

Clark Ashton Smith (1893-1961), poète, nouvelliste et sculpteur, écrit et publie dans Weird Tales, mais aussi dans d’autres pulps tels que Strange Tales, Astounding Stories ou encore Amazing Stories, des nouvelles se déroulant dans plusieurs mondes de son invention, notamment Zothique, Averoigne, Hyperborée ou Poséidonis. Les récits de Clark Ashton Smith se démarquent par une langue riche, de nombreuses descriptions et l’utilisation de mots désuets, voire d’archaïsmes, et leur inspiration décadentiste.  L’auteur qualifie son style de « magie noire verbale » et « d’incantation » qui lui permet de « faire accepter une impossibilité ou une série d’impossibilités » à son lecteur, comme il l’explique dans une lettre adressée à H. P. Lovecraft. Les nouvelles situées au sein de ces quatre mondes appartiennent ainsi à la Fantasy. Zothique est en effet l’unique continent d’une terre mourante, car il apparaît « dans les cycles derniers de la Terre », Averoigne est inspirée de la France médiévale, Hyperborée se situe durant l’ère glaciaire, quelques centaines de millénaires avant notre ère, et Poséidonis constitue la dernière partie non engloutie de l’Atlantide.

Les récits de Clark Ashton Smith se déroulent ainsi dans des mondes inventés, et comportent de la magie et des créatures monstrueuses à l’aspect plus ou moins grotesque, qui ne sont jamais du côté des protagonistes, ou qui finissent par les trahir. Les nouvelles d’Ashton Smith se concluent donc rarement par un happy end, et mobilisent beaucoup les registres tragique, macabre, grotesque et horrifique, mais aussi cosmique, puisqu’il met parfois en scène des horreurs lovecraftiennes venues d’outre-espace dans ses récits. Clark Ashton Smith, de par son goût pour le macabre et les fins tragiques, peut être vu comme l’un des fondateurs de la Dark Fantasy, et qui vont justement influencer les auteurs de Fantasy plus sombre mâtinée d’horreur, tel Karl Edward Wagner dans l’univers de son personnage éponyme Kane (1973-1983) par exemple.

Robert E. Howard (1906-1936) contemporain de Clark Ashton Smith et de H. P. Lovecraft, lui, s’ancre dans plusieurs genres, tels que le policier ou l’aventure. Il écrit aussi des nouvelles que l’on peut rétrospectivement rattacher à la Fantasy, lorsqu’il met en scène les personnages de Kull, Bran Mac Morn et surtout Conan, qui sont des barbares accomplissant des prouesses guerrières contre des ennemis plus ou moins surnaturels, à des époques reculées, au 2-3ème siècle de notre ère, ou dans des passés mythiques, ou littéralement antédiluviens. Les récits de Fantasy de Robert Howard sont souvent centrés sur les prouesses et les épreuves martiales traversées par les héros dans le sang et la sueur.

Howard est ainsi l’un des pères de l’Heroic Fantasy, à travers sa mise en scène de héros peu vertueux, qui ne se soucient et n’obéissent qu’à eux-mêmes. Robert E. Howard se concentre donc sur l’aspect martial et héroïque de la Fantasy, ce qui va influencer et faire réagir Michael Moorcock, qui construit Elric comme une antithèse de Conan, et Fritz Leiber, dont Le Cycle des épées joue parfois avec les codes établis par Robert E. Howard avec une certaine truculence dans le duo formé par les deux personnages principaux du cycle, à savoir le guerrier Fafhrd et le Souricier Gris, un sorcier.

 

H. P. Lovecraft (1890-1937), le Maître de Providence, est avant tout un auteur de fantastique et d’horreur, comme le montrent les nouvelles L’Appel de Cthulhu (1928), qui met en scène la créature à tête de pieuvre désormais extrêmement célèbre, L’Abomination de Dunwich (1928) ou encore Le Cauchemar d’Innsmouth (1931), mais on peut affirmer qu’il a influencé la Fantasy, ainsi que le fantastique et la science-fiction. En effet, l’imaginaire de Lovecraft est peuplé de créatures d’outre-espace à l’apparence monstrueuse, grotesque et gigantesque, dotées de tentacules et capables de faire perdre la raison à ceux qui les observent. Sa vision cosmique et cosmiciste de l’horreur, qui témoigne de l’insignifiance de l’être humain face à des révélations qui le dépassent et contre lesquelles il se trouve impuissant, a également pénétré les genres de l’imaginaire.

Ainsi, le bestiaire tentaculaire et foisonnant de H. P. Lovecraft, mais aussi la manière dont il perçoit l’Homme, dépassé par l’immensité de ce qui l’entoure, peut se retrouver chez ses contemporains comme Clark Ashton Smith, qui fait des clins d’œil à son ami dans ses nouvelles, notamment en réutilisant certaines de ses divinités comme Cthulhu et livres maudits, puisqu’il mentionne le Nécronomicon, un ouvrage fictif évoquant des horreurs venues d’outre espace pour qui l’Humanité n’est qu’un grain de poussière dans l’immensité du cosmos. L’influence lovecraftienne s’observe également chez des écrivains qui lui sont largement postérieurs, à l’image de Jeff Vandermeer ou China Miéville, qui partagent le goût de l’auteur pour les créatures monstrueuses et l’horreur indicible, et en France, tout récemment, Patrick Moran ou Alexis Flamand, qui donnent une dimension cosmique à leurs romans respectifs.

Weird Tales a également publié Catherine Lucille Moore (1911-1987), autrice de science-fiction et de fantasy. Elle est l’une des premières autrices qui met en scène des personnages féminins qui n’ont rien à envier à leurs homologues masculins et qui ne leur servent pas de faire valoir ou de demoiselles à secourir, à l’image de Jirel de Joiry, (1933-1936), héroïne éponyme médiévale qui défend son domaine contre les hommes qui cherchent à la dominer. On peut noter que Catherine Lucille Moore signait ses textes « C. L. Moore » pour cacher son genre, à cause du sexisme qui régnait dans le milieu éditorial de son époque.

 

Au cours de la première moitié du 20ème siècle, la Fantasy n’est donc pas clairement identifiée en tant que genre à part entière. Cependant, des auteurs publiés au Royaume-Uni et aux États-Unis portent en eux les caractéristiques de la Fantasy et les germes de ses évolutions futures. Certains de ces écrivains tomberont quelque peu dans l’oubli, avant d’être redécouverts pendant le boom éditorial de la Fantasy consécutif à l’impact météoritique de Tolkien et du Seigneur des anneaux, dont je  traite dans l’article suivant de la série.

19 commentaires sur “L’Histoire de la Fantasy (1/5) : Les Grands Anciens

  1. Très intéressant, avec plein de références que je connais pas, merci !
    Je comprends pas trop pourquoi un texte antérieur à l’époque contemporaine (au sens large) n’appartiendrait pas au genre, s’il rentre dans la définition de celui-ci, est-ce que la fantasy ne doit se définir que par rapport au désenchantement de la révolution industrielle ?

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup pour le compliment ! 🙂
      Ensuite, pour ta question, c’est pas véritablement à moi de répondre (parce que je ne suis pas une autorité), mais dans les faits la Fantasy se construit avec une prise de distance avec des récits et des cultures, du coup je pense pas qu’on puisse dire que L’Énéide soit de la Fantasy (même si c’est très drôle). Pour le coup, je te conseille de lire l’article de Lionel Davoust là-dessus, et Anne Besson aussi, ils traitent de la question bien mieux que moi, et pour le coup ils ont une certaine autorité ^^ .

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  2. En ce qui concerne Lovecraft, son cycle du rêve relève assez clairement de la fantasy (notamment les textes courts comme Les Autres Dieux, la Malédiction de Sarnath, etc.)

    et sinon, tu m’as donné envie de relire Dunsanny…

    Aimé par 1 personne

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