Zombie, Mort et Vivant, de Zariel

Salutations, lecteur. Aujourdhui, je vais te parler d’un livre d’artiste qui traite des zombies.

Zombies, Mort et Vivant, de Zariel


Introduction


Avant de commencer, j’aimerais préciser que cette chronique émane d’un service de presse des éditions ActuSF, que je remercie chaleureusement pour l’envoi du recueil.

Zariel est un graphiste, illustrateur et peintre né en 1985. Il réalise des couvertures pour les éditions ActuSF, dont celle de Binti de Nnedi Okorafor, Dans l’ombre de Paris et L’Héritage du rail de Morgan of Glencoe, ou encore Dans les imaginaires du futur d’Ariel Kyriou, dont je vous parlerai sans doute bientôt.

Il a publié en Novembre 2020 Zombies, Mort et Vivant, aux éditions ActuSF, dont voici la quatrième de couverture :

« Je les regarde faire depuis ma fenêtre.Ils sont là, tout près… Ils errent dans les rues pour débusquer les derniers survivants. Mais le Monde a-t-il finalement vraiment changé ? »

Mon analyse de l’ouvrage de Zariel évoquera son format, puis de la manière dont l’auteur traite de la figure du zombie et des changements sociaux.

L’Analyse


Leporello, zombies et (non) changement



Zombies mort et vivant est un livre d’artiste qui se présente sous le format du leporello. Il s’agit de l’autre nom du livre accordéon, ou livre frise, qui se déplie de la même manière qu’un accordéon (oui oui). Déplié, un livre accordéon peut donc être particulièrement long, et l’ouvrage de Zariel est une double fresque recto-verso de 2m70, soit 5m40 en tout, en quadrichromie. Le nom de leporello provient du nom du valet de Don Juan dans l’opéra mis en musique par Mozart, Don Giovanni, et de son fameux air du catalogue qui liste toutes les conquêtes de Don Juan, grâce à une liste repliée en accordéon. Ce format permet un mode de narration au sein duquel le graphisme prend presque complètement le pas sur l’écriture, qui ne transmet « que » le point de vue du personnage narrateur sur le monde qui est dépeint par les illustrations de l’auteur.

Zombies mort et vivant décrit un futur apocalyptique, dans lequel une épidémie (non, pas celle à laquelle vous pensez) a transformé une grande partie de la population en zombie, ce qui est a priori la situation de départ de beaucoup de récits du genre. Cependant, Zariel ne raconte pas comment son personnage cherche à survivre au sein de sa ville en refondant une nouvelle société, comme le fait Rodolphe Casso dans Nécropolitains. En effet, le personnage point de vue du récit montre que sa vie, et surtout son point de vue sur la société, avant et après l’invasion, reste inchangé en raison des similitudes qu’il remarque.

Le personnage mis en scène par Zariel est ainsi vraisemblablement misanthrope, puisqu’il ne supporte pas ses semblables, qu’ils soient humains ou zombies. On le remarque dans ses commentaires sur ses contemporains, dans lesquels il se marginalise presque systématiquement en opposant un « ils », qui désigne souvent les humains et les zombies de manière conjointe, à un « je ». Il dénonce par exemple la consommation effrénée. Son discours et son comportement se différencient donc de celui de ses contemporains, qu’il observe depuis la fenêtre de son appartement.  C’est cette posture de surplomb et d’analyste misanthrope qui lui permet d’observer que la société, au fond, reste la même, zombies ou non. Cette immuabilité sociale est mise en évidence par la récurrence de la phrase « rien n’a changé » et ses variantes, « ça n’a absolument rien changé », ou encore « rien ne changera », répétée par le personnage narrateur. Cette formule vient rythmer le récit, et permet à l’auteur de souligner le fait que d’une certaine manière, l’être humain d’avant la zombification était déjà une sorte de zombie, ce que la structure de l’œuvre met en évidence.

En effet, le leporello de Zariel est découpé en deux fresques, qui forment deux parties, l’une qui montre le monde d’avant, et l’autre le monde d’après. Cependant, l’auteur montre que la société ne change pas, en montrant les points communs entre les humains et les zombies, la manière dont ils font « semblant de vivre », et dont ils ne se préoccupent que de nourriture, à travers l’évocation de l’interrogation « qu’est-ce que je vais manger ? », qui caractérise autant l’humanité standard que les zombies. On observe que les couleurs des deux parties du leporello différent. La première partie  emploie en effet des tons blancs et jaunes, tandis que la deuxième mobilise des tons oranges et rouges, ce qui marque un contraste entre deux états de la société, l’un plutôt pacifique, l’autre violent. Le format de la double fresque permet donc de souligner les différences entre les deux époques, mais aussi les points communs entre les êtres qui les peuplent.

Le mot de la fin


Zombies, mort et vivant est un leporello, c’est-à-dire un livre accordéon composé de deux fresques de 2m70 dans lesquelles Zariel évoque l’avant et l’après d’une invasion de zombies, à travers le regard d’un personnage isolé et misanthrope, qui observe que les humains standards sont parfois semblables aux zombies.

Le graphisme de cet objet livre est particulièrement soigné et permet de porter les commentaires du personnage narrateur sur une société qu’il rejette, et dont il observe l’immuabilité.

Si vous aimez les zombies, je vous recommande vivement la lecture de Zombiees, mort et vivant !

Vous pouvez également consulter les chroniques de Célindanaé, Aelinel, Livraisons Littéraires, Lune, Boudicca

5 commentaires sur “Zombie, Mort et Vivant, de Zariel

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