Interview de Guillaume Chamanadjian

Salutations, lecteur. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de te proposer une interview de Guillaume Chamanadjian, auteur du Sang de la cité, premier tome de Capitale du Sud, une trilogie qui complète Capitale du Nord de Claire Duvivier pour former le cycle de La Tour de Garde.

Je vous rappelle que vous pouvez retrouver toutes les interviews dans le menu du blog ou grâce au tag dédié.

Je remercie chaleureusement Guillaume Chamanadjian d’avoir répondu en détail à mes questions, et sur ce, je lui laisse la parole !

Interview de Guillaume Chamanadjian


Marc : Peux-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas ?

Guillaume Chamanadjian : Je m’appelle Guillaume Chamanadjian, je suis né et ai grandi dans les environs d’Aix-en-Provence. Lecteur depuis toujours, aujourd’hui je vis et travaille à Paris dans un métier en lien avec le livre.


Marc : As-tu toujours voulu devenir écrivain ? Qu’est-ce qui t’a amené à l’écriture, et aux genres de l’imaginaire en particulier ?

Guillaume Chamanadjian : J’ai toujours écrit, sans pour autant avoir la volonté de devenir écrivain. Dès l’enfance, je rédigeais des histoires courtes sur des coins de cahiers. A l’adolescence, c’est la découverte des jeux de rôles qui m’a permis de continuer à écrire. Je prenais des jeux existants et écrivais de nouveaux scénarii que je faisais jouer. Une pratique que j’ai continué lorsque je suis venu faire mes études sur Paris et ai changé de groupe de joueurs.

Le jeu de rôle se rapproche très souvent des littératures de l’imaginaire, et pourtant je ne me considère pas vraiment comme un lecteur d’imaginaire. Comme beaucoup, je pense, j’ai découvert la fantasy avec Bilbo le Hobbit, puis Le Seigneur des Anneaux. Avant cela, j’étais déjà un gros lecteur de romans de cape et d’épée, de classiques de la littérature. Je suis resté un lecteur de différents genres, polar, SF, romans historiques, et bien sûr fantasy. Cet éclectisme fait que je ne me sens, du coup, spécialiste d’aucun genre.

Néanmoins, quand la question s’est posée avec Claire Duvivier, de concevoir une œuvre commune, c’est assez naturellement que nous nous sommes orientés vers un cycle de fantasy.


Marc : Le Sang de la cité est ton premier roman et fait partie d’une trilogie, Capitale du Sud, qui s’inscrit dans un cycle, La Tour de garde, complété par Capitale du Nord de Claire Duvivier. Comment t’es venue l’idée de ce roman, et du cycle dans lequel il s’inscrit ?

Guillaume Chamanadjian : L’idée a trotté dans nos têtes, à Claire Duvivier et moi, pendant plusieurs années. On peut dire que c’est vraiment parti d’un séjour en Toscane, que nous avons fait en 2013, et particulièrement à Sienne. Avec ses contrade (ses quartiers aux noms d’animaux), son architecture, son pallio (la course de chevaux annuelle entre quartiers), nous nous sommes dit que Sienne était un lieu rêvé pour une histoire de fantasy. Dans le train du retour, par jeu, nous avons commencé à jeter des idées sur le papier, mais nous en sommes restés là. Quelques temps plus tard, au cours d’un voyage à Amsterdam, l’idée a resurgi. C’est devenu de nouveau un jeu entre nous : imaginer une intrigue dans une ville imaginaire inspirée de la ville.

Il nous a fallu encore du temps pour remettre toutes ces idées en ordre, et nous dire que nous pouvions réunir ces deux inspirations pour en tirer une histoire plus vaste, à plusieurs voix.


Marc : Comment s’est déroulée la rédaction du roman ? As-tu des anecdotes à partager ? Comment s’est déroulé le processus éditorial du roman ?

Guillaume Chamanadjian : Avec Claire, nous nous sommes lancés dans le projet durant l’été 2018. D’abord nous avons esquissé les quelques éléments de world-building propres à chacune des cités, et les grandes lignes de chaque intrigue. Cette phase s’est déroulée de manière rapide, car dès le début, nous nous sommes mis d’accord sur le fait que chacun de nous conservait la mainmise sur sa ville, ses personnages, son organisation politique, pour que chaque texte reste porté à la fois par son narrateur et par son auteur. Nous nous sommes donc très vite mis à la rédaction proprement dite. Chacun avançait de son côté, et nous nous faisions lire nos textes tous les deux ou trois chapitres, environ.

De manière amusante, nous nous sommes rapidement rendus compte qu’il y avait beaucoup plus d’échos entre nos deux textes que nous ne l’avions envisagé dès le départ. Des thématiques se recoupaient tout naturellement, il nous était donc aisé de jeter des ponts entre les intrigues pour structurer et ajouter de la cohérence au cycle de la Tour de Garde dans son entier.

Lorsque nous avons eu suffisamment de matière, nous avons envoyé les textes à David Meulemans, des Forges de Vulcain. Claire Duvivier avait déjà publié Un Long Voyage chez lui, et l’avait averti que son texte suivant serait une vaste fresque de six romans, écrite à quatre mains avec moi. Pour être honnête, je m’attendais à un refus poli, mais ferme de sa part. Après tout, je me lançai avec Claire dans un projet ambitieux alors que je n’avais encore aucun roman à mon actif, mais David a tout de suite été emballé par le projet. 


Marc : Tu as dit lors d’une table ronde aux Intergalactiques que la ville de Gemina, la Cité dans laquelle se déroule ton roman, est inspirée de la ville de Sienne en Italie. Pourquoi cette ville se prête-t-elle à la Fantasy ? Quelles sont tes autres inspirations pour Gemina ?

Guillaume Chamanadjian : Tout est parti de Sienne, pour les raisons que je mentionne plus haut. Les contrade aux couleurs des animaux, le pallio, le palais communal ont leur équivalent à Gemina. C’était également important pour moi de décrire l’ambiance des rues, de faire en sorte que le narrateur fasse corps avec la ville. Il y a quelque chose de très organique dans les venelles étroites de Sienne, dans la proximité permanente entre les habitants, dans la rivalité entretenue par les quartiers de la ville. C’était tout cela que je voulais mettre en scène à Gemina.

Bien sûr, pour donner corps à une ville aussi grande, je suis allé puiser dans d’autres inspirations. L’Italie est, par excellence, le pays des Cités-états. Avec Rome, d’abord, à laquelle j’emprunte beaucoup de traits culturels : mythologie de la fondation de la ville, qui fait écho à celle de Gemina, les murailles qui entourent la Cité, et jusqu’au noms des personnages qui sont tous inspirés de prénoms latins. D’autres cités italiennes ont également été des sources d’inspirations : Venise, pour le pouvoir par les doges aristocratiques (l’étymologie en est la même que pour le mot “duc”), Florence pour sa politique, San Gimignano qui a donné son nom à la Cité du roman.

Hors Italie, il y a bien sûr beaucoup de Marseille dans Gemina : c’est une immense ville portuaire, protégée par deux fortins capables de tirer une lourde chaîne de métal pour fermer la ville. 


Marc : Gemina est marquée par son gigantisme, mais aussi ses différentes Maisons nobles qui contrôlent chacune une portion de son territoire, ce qui empêche ou ralentit les projets de grande envergure du Duc Servaint. Pourquoi décrire des luttes de pouvoir qui passent davantage par des négociations et des manœuvres retorses que par une violence plus directe ? Pourquoi associer des animaux à ces Maisons, et sous des noms comme Caouane ou Jubarte ?

Guillaume Chamanadjian : La violence directe existe à Gemina, mais demeure enfouie sous les convenances de façade, sous la noblesse des actes. Le mentor de Nohamux le dit à un moment, d’ailleurs, le meurtre demeure le dernier recours, lorsque l’éloquence et la corruption ne suffisent plus. En cela, Gemina est une cité somme toute très normale, à nos yeux de lecteur : des lois la régissent, elles empêchent l’anarchie la plus totale, mais les puissants ont toujours la possibilité de contourner ces lois, dès lors que cela sert leurs intérêts. Là, ressurgit la violence. Une “barbarie utile”, comme la décrit Daphné, la soeur de Nohamux, sans qu’on sache si elle est plus folle ou plus sage que les autres.

C’est d’ailleurs intéressant que tu poses la question du lien entre les noms d’animaux et les maisons ducales ici, car il y a évidemment un lien. Bien sûr, tout vient de l’organisation de Sienne, qui a aussi des animaux emblèmes des contrade (il y a d’ailleurs à Sienne un quartier de la Tortue, et un du Dauphin). A Gemina, il y a évidemment des liens symboliques avec la position géographique ou la fonction : les clans du Port sont liés à des animaux marins, la Recluse, l’araignée qui tisse les rues de la Cité, est connue pour tisser des toiles très irrégulières et inextricables, à l’image des ruelles de Gemina. Mais je trouvais qu’associer noblesse et animaux donnait une dimension presque grotesque à l’organisation politique de la Cité. Très vite, lorsque plusieurs ducs se trouvent au même endroit, l’ambiance vire à l’hystérie, à la bagarre de basse-cour, ou au théâtre de Grand-Guignol. Et parfois, la violence ressurgit.


Marc : Pour mener à bien son projet, le Duc Servaint doit en effet recourir à de nombreuses négociations, et sans rentrer dans les détails, il va même jusqu’à se servir de son entourage comme de pions sur un échiquier. Nohamux le décrit comme « un homme droit, mais manipulateur ». Pourquoi relève-t-il cette ambiguïté ? Est-ce que tu le qualifierais de machiavélique ?

Guillaume Chamanadjian : Bien entendu, Servaint est machiavélique, au sens premier du terme, c’est à dire qu’il pourrait bien avoir lu Le Prince, s’il avait vécu dans l’Italie du XVIe siècle. Ses objectifs ne s’embarrassent pas de jugements moraux, il est capable de sacrifier ses proches pour arriver à ses fins. D’une certaine manière, Servaint se trouve d’ailleurs dans une situation politiquement proche de la Florence de Machiavel : le système politique de Gemina est presque celui d’une République, mais le pouvoir se concentre de plus en plus entre les mains d’une même famille, rapprochant la ville de la monarchie, même si le narrateur, lui, n’en a qu’une conscience très confuse. On retrouvera d’ailleurs à différents niveaux ce motif des Médicis, dans Capitale du Sud. 

C’est en tout cas cette dynamique que Servaint cherche à briser par tous les moyens au sein de sa ville.

Vient ensuite la perception qu’a le narrateur de son duc. Nohamux est à la fois assez intelligent pour se rendre compte de la nature de Servaint, et assez naïf pour s’en accommoder. “Droit, mais manipulateur”, ce n’est pas seulement une ambiguïté, c’est une oxymore. Quand on est manipulateur, on peut être noble, on peut être honorable, comme l’est Servaint, mais on ne peut pas être droit. Pour moi, l’intérêt était justement de confronter un jeune homme idéaliste à cette réalité, et de décrire ce qui allait en résulter.


Marc : Les habitants de Gemina sont caractérisés par leur goût pour la bonne chère, comme en témoignent l’importance des épiciers, une croyance qui veut que leur sang soit du vin, et les descriptions des plats et sucreries que transporte Nohamux. Est-ce que cela te semblait important de caractériser ta ville de cette façon ? Pourquoi décrire autant de sucreries et mettre en avant les épiciers à travers le personnage d’Eustaine ? Est-ce que la « fègue » dont Nox se sert pour ses canelons vient d’une véritable sorte de charcuterie ?

Guillaume Chamanadjian : Dès le début, en abordant Gemina, je me suis posé la question de comment parler d’une cité, pas seulement ses murs et ses pierres, mais aussi tout ce que cela implique de liens sociaux, de culture commune, d’aspirations populaires, sans pour autant tomber dans les travers d’un world-building trop détaillé. Assez rapidement, mais sans doute suis-je orienté par mes propres passions, je me suis dit que la nourriture et le vin pouvaient servir de guides culturels de Gemina, au même titre que Nox. Qu’on voyage dans notre monde ou dans les contrées de l’imaginaire, ce sont des liens incroyables entre les gens. Mais surtout, ils ont l’avantage de raconter l’histoire et la sociologie d’une civilisation à hauteur de ses populations. Pas les guerres et les conquêtes des puissants, mais la vie quotidienne de tous. C’était, je pense, la meilleure approche pour se retrouver à hauteur de pavés, plongé dans les entrailles de Gemina.

De plus, faire du narrateur un livreur de ces merveilles permettait d’immerger Nohamux dans des ruelles grouillantes de monde, de lui faire vivre sa Cité, en quelque sorte, tandis qu’il transporte ses marchandises. Sans compter, bien sûr, que c’est sa connaissance des topographies de sa ville qui le précipitent dans les intrigues entre maisons.

Et pour la petite histoire, oui, la “fègue” dont il se sert vient d’une véritable charcuterie : le figatellu corse, véritable gourmandise de l’île de beauté. La plupart des plats décrits sont des dérivés de la cuisine italienne, du Midi et de la Corse, ceci afin de brouiller quelque peu les cartes et de ne pas situer précisément Gemina.


Marc : Au-delà de leur attrait pour la nourriture, les habitants de Gemina apprécient énormément la littérature, ce qu’on observe dans le fait que des chansons et des poèmes traitent des personnages du récit, comme le duc Servaint, la maîtresse d’armes Lotharie, ou même les Suceurs d’Os, Daphné et Nohamux. Pourquoi leur donner ce goût pour la littérature ? Pourquoi raconter l’histoire de tes personnages par le biais de la poésie ? Est-ce que c’est une manière de dire qu’ils sont déjà des mythes ? On remarque Nox s’intéresse à la poésie. Pourquoi mettre en scène un personnage lettré ?

Guillaume Chamanadjian : Au même titre que la cuisine, la poésie, les contes et les chants font partie intégrante de la culture de Gemina. D’une certaine manière, ils ont la même fonction narrative : créer du lien entre les populations, une culture commune, afin que Gemina ne soit pas une simple ville, mais une cité.

Néanmoins, faire de certains personnages des sujets de chansons n’en fait pas nécessairement des mythes. Les comptines qui parlent de Lotharie et des Suceurs d’Os ne sont pas des épopées héroïques, mais sont là pour ridiculiser leurs sujets. Les personnages principaux n’en sont pas des mythes, mais des objets de moquerie. Je voulais que les chansons ne soient pas uniquement des œuvres grandiloquentes, mais aussi, et surtout, des ritournelles fredonnées dans les ruelles. D’abord pour désanctuariser ces chants, qui parfois sont même à vocation paillarde. Ensuite pour donner une impression de bruissement permanent dans la Cité : puisqu’il existe même une chanson sur deux enfants trouvés dans une cave, alors à l’échelle de Gemina, il doit en exister des milliers et des milliers, sur les sujets les plus variés.

Au milieu de tout cela, Nox présente la double particularité d’être à la fois l’objet de chansons et le poète. C’est à la fois pour lui une manière de reprendre la main sur son existence, et de faire corps avec la Cité.


Marc : Nohamux, le personnage principal autodiégétique, est formé pour devenir un négociateur rompu au dialogue, à la persuasion et à la corruption, mais aussi un assassin, alors qu’il refuse de devoir tuer. Pourquoi choisir la première personne pour raconter ce récit et ce personnage ? Pourquoi mettre en scène un personnage tiraillé entre ses principes et son devoir ?

Guillaume Chamanadjian : Avec Claire Duvivier, dès le début nous nous sommes mis d’accord sur le fait que chacune des trilogies serait un roman d’apprentissage, écrit à la première personne. Ceci afin de renforcer l’immersion dans chacune des villes, et surtout de les découvrir au travers des regards des narrateurs. C’était important aussi, parce que cela nous a permis de développer chacun à notre manière le thème de l’éducation, qui est très important dans chaque trilogie.

La formation d’assassin de Nox fait partie de cette éducation, mais dès le début, elle est présentée par son mentor Tyssant non comme une fin en soi, mais comme un aveu d’échec. Dans la Cité, on n’assassine qu’en dernier recours, quand les autres méthodes ont échoué. Et si ce type d’échec n’émeut pas les ducs qui l’ordonnent, je souhaitais tout de même que le narrateur, lui, se rende compte de la portée de ses actes. En d’autres termes, Nox est formé pour être un assassin, mais son idéalisme lui ordonne de tout tenter pour ne pas en arriver là. La question qui se pose est donc la suivante : parviendra-t-il à rester sur cette ligne de conduite ?


Marc : Si Nohamux se refuse à tuer, ce n’est pas le cas de sa sœur Daphné, qui apparaît amorale et sadique, puisqu’elle n’hésite pas à mutiler ou agresser ses condisciples. Pourquoi mettre en scène ce type de personnage ? Est-ce qu’elle est véritablement incapable de sentiment ?

Guillaume Chamanadjian : Dans une ville aussi dense et complexe que Gemina, amitiés et inimitiés sont calculées, savamment pesées et instrumentalisées par les ducs. En entrant dans les jeux de pouvoir, Nox se rend vite compte de cela, et lui-même, par sa fonction, se fait automatiquement des alliés et se trouve des opposants. Certains d’entre eux n’apparaissent même pas dans le roman, il ne les a jamais rencontrés et sont pourtant des menaces terribles. C’est le jeu de la politique.

Le personnage de Daphné, au milieu de tout cela, est particulièrement intéressant à décrire pour moi. C’est une jeune fille irrationnelle, violente et amorale. Un grain de chaos dans une mécanique de relations bien huilée, en somme. Un danger à la fois beaucoup plus immédiat et déconcertant. Bien sûr, elle me permet aussi de jouer avec le motif de dualité qu’on retrouve sans cesse dans Gemina (les deux sœurs de la légende, les deux murailles qui l’entourent, les deux Suceurs d’Os…), cette fois en l’opposant frontalement au narrateur.

A la question “est-elle capable de sentiments ?” je répondrais que oui. Mais dévoiler les sentiments en question, ce serait divulgâcher.


Marc : On remarque par ailleurs que les dialogues constituent de véritables joutes verbales, lors desquelles les enjeux dépassent les paroles. Est-ce que ce type de dialogues se sont révélés difficiles à écrire ? Pourquoi montrer des personnages qui ont pleinement conscience des convenances et de la rhétorique ?

Guillaume Chamanadjian : Cette question rejoint l’inspiration de la Rome antique, dont je parle plus haut, où la rhétorique était une part essentielle de l’éducation du citoyen. Gemina est une ville où les habitants ont le verbe haut et le sens du panache. C’était important que ces caractéristiques ressortent même dans les dialogues les plus anodins, comme un débat sur les meilleurs beignets du quartier du port, et c’était d’autant plus amusant pour moi de les écrire.

Et comme tu le soulignes, certains dialogues sont de véritables joutes verbales, avec des stratégies, des coups de grâce… exactement comme nous voulions, Claire et moi, que soit décrit le jeu de la tour de garde.


Marc : On trouve de la magie dans l’univers de La Tour de garde, avec d’abord (mais sans rentrer dans les détails) les pouvoirs que se découvre Nox, mais aussi la magie de la Recluse, qui permet à des mages Maçons de manipuler la pierre pour façonner des bâtiments et des infrastructures. Est-ce que les volumes suivants du cycle nous permettront d’en apprendre plus sur ces formes de magie ? Pourquoi les rattacher à la manière de construire ou d’arpenter la Cité ?

Guillaume Chamanadjian : Avant même de penser la ville, je voulais que les éléments surnaturels du roman soient en adéquation avec elle. J’avoue que c’est une des points sur lesquels je me suis le plus creusé la tête. D’abord est apparu le pouvoir de la Recluse, après que Claire m’a fait remarquer à juste titre qu’une ville aux proportions aussi gigantesques était peu crédible. En l’occurrence, c’est la magie qui la rend possible, ce qui, il faut bien l’avouer, est bien commode pour moi. 

Le pouvoir que se découvre Nox est venu ensuite, toujours en tirant le fil de la thématique de la dualité, mais aussi toujours en lien avec la Cité.

J’ai souhaité cela pour continuer de faire de Gemina un univers entier : un ville, une population, une culture, une magie. Et même un univers aux limites très clairement posées par les murailles qui l’entourent. De l’extérieur de ces enceintes, on ne sait rien.

Bien entendu, on en apprendra plus sur le pouvoir de Nox par la suite.


Marc : La Tour de garde est le nom du cycle que tu coécris avec Claire Duvivier. Ton roman nous apprend qu’il s’agit d’un jeu de stratégie avec des figurines fabriquées par des artisans. Cependant, ce jeu a l’air d’être plus que cela. Est-ce que les volumes suivants du cycle nous en apprendront plus ? Pourquoi décrire un jeu dans un univers de Fantasy ?

Guillaume Chamanadjian : Le jeu est effectivement plus qu’un simple élément de décor. Nous en avons beaucoup discuté avec Claire, chacun s’est emparé d’un de ses aspects. Je ne veux pas trop en dévoiler ici, mais le jeu est à la fois une composante narrative et symbolique du cycle entier. Avec Claire, nous avons fait en sorte qu’à chaque roman paru, le lecteur comprenne un petit peu plus ce qu’est réellement la tour de garde.


Marc : Quels conseils donnerais-tu aux jeunes auteurs ?

Guillaume Chamanadjian : Lisez. Je pense sincèrement que c’est le meilleur conseil qu’on puisse donner. Si vous souhaitez écrire de la fantasy, lisez de la fantasy mais aussi du polar, du roman social… Si vous voulez écrire du polar, lisez aussi de la fantasy. Écrire, c’est comme faire la cuisine. Il y a les ingrédients, les techniques et les recettes, venues des quatre coins du monde. Et le plat unique, c’est celui qui parvient à réhausser les saveurs les plus diverses.


Marc : Sur quels projets travailles-tu actuellement ?

Guillaume Chamanadjian : Sur la Tour de Garde, déjà. Claire et moi avons presque fini l’écriture à proprement parler, mais il y a encore beaucoup de travail de concertation, de réécriture et d’agencement.

Pour la suite… eh bien nous verrons cela !

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