Interview d’Anthoine Delahaye

Salutations, lecteur. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de te présenter une interview d’Anthoine Delahaye, auteur du recueil Mon jardin sur Ganymède.

Je rappelle que vous pouvez retrouver toutes les autres interviews grâce au tag dédié ou dans le menu du blog.

Je remercie Anthoine Delahaye pour ses réponses détaillées, et sur ce, je lui laisse la parole !


Interview d’Anthoine Delahaye


Marc : Peux-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas ?

Anthoine Delahaye : Je m’appelle Anthoine Delahaye, je vis à Paris et je viens de sortir mon premier recueil de haïkus de science-fiction : Mon jardin sur Ganymède. Je suis né en Alsace et j’ai fait mes études à Nancy.


Marc : As-tu toujours voulu devenir écrivain ? Qu’est-ce qui t’a amené à l’écriture, à la poésie et aux genres de l’imaginaire en particulier ?

Anthoine Delahaye :  Oui. J’ai toujours voulu devenir écrivain. Cela date de l’enfance. C’est un rêve que j’essaie de réaliser petit à petit.

L’écriture a d’abord été thérapeutique, puis une source de divertissement et d’évasion, et enfin une ambition. Maintenant, elle est un mélange de tout cela !

Les genres de l’imaginaire m’intéressent, mais je suis très gourmand et j’aime tout ce qui est bon. Sauf la soupe d’asperge, mais c’est un autre sujet !


Marc : Mon jardin sur Ganymède est ton premier recueil de poèmes. Comment t’es venue l’idée de ce recueil ?

Anthoine Delahaye :  Je dirais que ce livre est né de la collision entre deux envies. La première, c’est celle d’écrire des nouvelles de science-fiction. L’autre, c’est celle d’écrire des haïkus. Un peu comme un défi, je me suis lancé dans l’écriture de 100 petits poèmes. J’en ai écrit 150 et ensuite, j’ai sélectionné mes préférés.


Marc : Comment s’est déroulée la rédaction des poèmes qui le composent ? Les as-tu écrits d’une traite ?

Anthoine Delahaye :  J’ai écrit ces haïkus en un temps assez court. Je vivais à Charleville-Mézières à l’époque et j’avais envie d’écrire. Certains sont apparus plus tard, mais globalement, ce fut une petite période d’écriture. Ce qui prend du temps, c’est d’ajuster, corriger, améliorer, sélectionner… Il y a 4 ans, j’ai été aidé par Dominique Chipot. Un grand haïdjin, vulgarisateur et passionné, que je ne remercierai jamais assez !


Marc : Comment s’est déroulé le processus éditorial du recueil ? De manière générale, comment se passe l’édition en poésie ?

Anthoine Delahaye :  J’ai été contacté il y a un peu plus d’un an par la maison d’édition « Via Domitia ». C’est une très petite structure, mais qui produit beaucoup d’ouvrages de haïkus. Christian Causse qui dirige cette maison m’a suivi pendant presque un an. J’ai demandé à un ami de bien vouloir faire des illustrations. Léo Weiss, qui travaille dans le cinéma d’animation, a fait un très beau travail. Et voilà !

En ce qui concerne l’édition en poésie, je ne pourrais vous faire une réponse précise.


Marc : Mon jardin sur Ganymède est un recueil de haïkus, une forme poétique traditionnelle japonaise. Pourquoi mobiliser cette forme ? Quel est ton rapport avec le haïku ? Qu’est-ce qui t’a conduit à en écrire ?

Anthoine Delahaye :  J’ai découvert le haïku grâce au livre de Dominique Chipot : Haïku do – La voie du haïku. Ce petit livre est vraiment génial, car il donne des pistes, ouvre des possibles et dévoile toute la riche palette que recèle ces poèmes. Ce livre a joué le rôle de déclencheur chez moi.

En même temps que je le lisais, je baignais aussi dans la culture japonaise. Je lisais le manga Hikaru No Go et je regardais des films de Kurosawa. J’avais envie de tout noter sous forme de haïkus. De faire des polaroïds avec des mots. Et c’est ce qui est fascinant avec cette forme : elle est très sauvage. Il existe d’innombrables définitions et d’innombrables variations. À titre personnel, je l’utilise comme un fixateur de souvenirs.


Marc : Plus encore, ton recueil présente des poèmes de science-fiction. Pourquoi mêler poésie et SF ? Qu’est-ce qui t’intéresse dans la combinaison de ces deux genres ?

Anthoine Delahaye :  Ce recueil est une tentative de métissage, d’une balade entre les frontières. Je trouvais cela excitant. J’ai cru que j’étais pionnier dans le domaine, mais ce genre existe déjà chez les anglophones : le scifaïku. Toujours étrange de croire qu’on invente quelque chose et de comprendre quelques années plus tard qu’il n’en est rien. Notons tout de même que je suis le premier à faire un recueil francophone !

Il faut voir ce livre comme un jardin étrange. Vous ne savez pas ce que vous allez trouver, ce que vous allez sentir, mais vous serez étonnés. L’un des premiers haïkus qui m’a mis sur la voie est  celui de Masaoka Shiki, que j’ai mis en exergue du livre :

nuit sans fin

je pense à ce qui viendra

dans dix mille ans


Marc : Certains des haïkus du recueil présentent des images vertigineuses. Est-ce que tu voulais articuler effet de chute du haïku et le sense of wonder cher au genre ?

Anthoine Delahaye :  Oui, tout à fait ! Mes influences viennent de la nouvelle à chute, que ce soit Ted Chiang, Fredric Brown ou encore Patrick Baud. Pour citer un exemple de Jacques Sternberg ( autre inspiration) :

« Le dernier survivant de l’humanité est assis dans un fauteuil.

On frappe à la porte…»

L’idée est donc de stimuler, questionner, émerveiller le lecteur, en quelques mots.


Marc : Dans d’autres poèmes, tu expérimentes avec la typographie. Pourquoi ? Est-ce que tu voulais tordre à ta manière les codes du haïku ?

Anthoine Delahaye : Les expérimentations de typographie sont venues toutes seules. Mais je dois dire que le dernier haïku, le numéro 100, représente pour moi le meilleur retournement de situation possible. À propos de ce dernier, j’ai caché un petit easter egg dans le livre… Personne ne l’a encore trouvé…  Celui qui le trouvera aura le droit à un cadeau !


Marc : Sur quels projets travailles-tu en ce moment ?

Anthoine Delahaye :  Je travaille sur un roman qui mêle plusieurs éléments : l’amour et la politique. C’est une histoire de coup de foudre sur fond de manifestations étudiantes. Le tout avec des créatures étranges vivent en parallèle de notre société. Le 1er jet est fini et je travaille en ce moment avec des béta-lecteurs.rices.


Marc : Aurais-tu des conseils pour les jeunes auteurs ?

Anthoine Delahaye : Je ne pense pas pouvoir répondre à cette question.


Marc : Cette interview touche à sa fin. Y a-t-il un élément sur lequel tu aimerais revenir ?

Anthoine Delahaye :  Oui, j’aimerais profiter de cette question pour envoyer un message à mon moi du futur. Anthoine, si tu lis ces lignes, n’oublie pas d’être patient, que l’amour est plus fort et que le cœur est à gauche, toujours.

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