Le Jardin quantique, de Derek Künsken

Salutations, lecteur. Aujourd’hui, je vais te parler de la suite du Magicien quantique, que j’avais beaucoup aimé.

Le Jardin quantique, de Derek Künsken

Introduction


Avant de commencer, j’aimerais préciser que cette chronique émane d’un service de presse des éditions Albin Michel Imaginaire, que je remercie pour l’envoi du roman ! Comme il s’agit du deuxième volume d’une série, je ne ferai pas de rappels sur l’univers du roman. Je vous conseille donc de lire ma chronique de l’excellent Magicien quantique avant de lire celle-ci si vous n’en êtes pas familier.

Derek Künsken est un auteur de science-fiction et de Fantasy canadien né en 1971. Jusqu’ici, il s’est surtout illustré dans la forme courte, au point de faire une très bonne impression à son éditeur français.

Son premier roman, originellement paru sous le titre The Quantum Magician en 2018, est paru en France en Mars 2020 chez Albin Michel Imaginaire, dans une traduction de Gilles Goullet, sous le titre Le Magicien quantique. Ce roman s’inscrit dans une série, The Quantum Evolution, dont le deuxième volume, Le Jardin quantique, est paru en 2019 en anglais et en 2022 aux éditions Albin Michel Imaginaire dans une traduction de Gilles Goullet.

En voici la quatrième de couverture :

« Belisarius Arjona, le magicien quantique, a réalisé la plus audacieuse escroquerie de tous les temps. Il est riche, son grand amour partage de nouveau sa vie, et surtout, il a mis la main sur la plus précieuse des technologies jamais mises au point.

A priori, rien ne peut gâcher ce tableau… sauf la destruction totale de ses pairs, les Hommes Quantiques, et du monde sur lequel ils vivaient. Pour les sauver, tous sans exception, Belisarius va devoir conclure un marché avec les puissances qu’il vient tout juste d’escroquer, manipuler le temps et échapper à l’implacable Épouvantail lancé à ses trousses. »

Dans mon analyse du roman, je traiterai de la manière dont Derek Künsken met en scène des personnages en proie à un conflit avec la causalité même et décrit des formes de vie extraterrestres qui font voyager leur pollen dans le temps (oui oui).

L’Analyse


Belisarius Arjona et la commandante Iekanjika contre la causalité


Après avoir réalisé l’une des plus grandes arnaques qui soient, c’est-à-dire avoir réussi à voler un portail temporel (oui oui) à l’Union Subsaharienne. Il peut alors vivre en compagnie de Cassie, son amante, et de Saint Matthieu, l’intelligence artificielle qui se prend pour l’un des apôtres de Jésus (oui oui), à bord du Risque Calculé, un vaisseau qui fonctionne grâce aux inflatons. Ils peuvent alors étudier le portail temporel, mais aussi le réseau de l’Axis Mundi, des trous de vers disséminés dans l’univers par une espèce ancienne et autour desquels s’organisent des jeux de pouvoir, puisque les factions qui en contrôlent l’accès détiennent un immense pouvoir politique et financier.

Cependant, le coup d’éclat de Belisarius, qui se trouvait déjà sous la surveillance de l’Epouvantail, une sorte de cyborg espion créé à partir d’un être biologique pour servir la Congrégation, a justement déclenché les foudres de celle-ci. Ces foudres se matérialisent par la destruction de la Mansarde, le monde où vivent les homo quantus, l’espèce à laquelle appartient Belisarius. Pour tenter de les sauver, ce dernier décide de s’allier à la commandante Iekanjika, qu’il vient pourtant de trahir, afin d’accomplir une mission avec elle, pour voyager dans le temps et ainsi mettre son peuple à l’abri (je reviens sur ce voyage plus bas), tout en observant comment fonctionne le réseau de l’Axis Mundi.

La connaissance, et donc le contrôle de ce réseau de trous de vers devient non plus une simple curiosité cosmologique et physique pour Belisarius, Cassie et tous les homo quantus, mais un véritable enjeu de pouvoir et de survie pour leur espèce, dont ils peuvent se servir pour négocier avec l’Union subsaharienne. L’Axis Mundi devient alors le vecteur de l’exode d’une espèce condamnée à disparaître à cause des agissements de Belisarius dans Le Magicien quantique.

Belisarius Arjona est alors à la fois coupable de la destruction de son peuple et de son foyer, mais aussi sa seule chance de survie. Cependant, il ne semble pas câblé génétiquement pour éprouver du remords, de par sa biologie. Pourtant, il va tenter de sauver les homo quantus de la destruction de la Mansarde, malgré l’aliénation de son sens moral par sa biologie. Cette contradiction émerge au début du roman.

L’Union avait choisi de se rebeller. Et Belisarius n’était pas la Congrégation, il ne régnait pas sur d’autres nations. D’autant plus que malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à se sentir coupable d’avoir volé le portail temporel. Les généticiens ayant conçu les Homo quantus n’avaient pas inclus d’élément moral dans leurs instincts. Ils avaient simplement créé une sous-espèce humaine à la curiosité et aux réflexes de recherche de formes anormalement puissants, disproportionnés au regard de l’avantage évolutionnaire. L’instinct de recherche de formes éclipsait les points de vue divergents. Belisarius était un monstre conçu pour ne pas regretter d’avoir volé le portail temporel, même si ce vol avait conduit à la désintégration de la Mansarde.

On observe que Belisarius est placé face à une contradiction et un paradoxe qui émerge du déterminisme de sa conception. En effet, il a été conçu sans véritable sens moral, ce qui signifie qu’il est amoral (et non immoral) par nature, ce qui fait que sa biologie ne prend pas en compte l’idée de morale. Ce paradoxe s’exprime pleinement et brutalement dans la dernière phrase de l’extrait, qui place Belisarius dans la catégorie des « monstres » en raison de son absence de regrets devant la destruction du foyer de son espèce, qui devrait faire peser une immense culpabilité sur ses épaules. Le clade de l’humanité (j’emprunte le terme au roman Schismatrice de Bruce Sterling, récemment reparu aux éditions Mnémos avec une préface et une traduction révisée par un certain Marc Ang-Cho) auquel il appartient, homo quantus, est alors conditionné pour être attiré vers la recherche scientifique et les observations objectives. La curiosité et la volonté de découverte dépassent alors la morale, ce qu’on observe notamment dans la démesure des plans que Belisarius met en place, malgré leurs conséquences catastrophiques. Pourtant, la destruction de la Mansarde semble l’affecter au point qu’il veut sauver ce qu’il considère être son peuple, malgré sa supposée absence de sens moral. Belisarius assume alors ses responsabilités et se lance dans le sauvetage des homo quantus de la Mansarde en entamant un voyage dans le temps en compagnie de la commandante Iekanjika, qu’il a pourtant trahie en volant le portail spatio-temporel. L’appartenance de la commandante à homo sapiens, mais aussi (et surtout) l’antagonisme des deux personnages pose des conflits, mais aussi des incompréhensions.

Il chercha d’autres mots, il en chercha qui feraient ressentir à Iekanjika le même malaise, le même picotement de mystère non résolu, mais un gouffre de biologie béait entre eux. Ils n’étaient plus de la même espèce. Il avait des milliers de gènes supplémentaires et des centaines de différences anatomiques. Elle pouvait s’appuyer sur l’instinct et la raison mis à l’épreuve par les Homo sapiens pendant les deux cent mille ans de leur existence. Quant aux Homo quantus, du fait des fréquents faux positifs dans leur recherche de formes et de corrélations, ils se battaient contre des moulins à vent. Belisarius ne pouvait même pas être sûr des formes qu’il trouvait.

Derek Künsken montre ici la fracture biologique entre ses personnages de manière explicite, d’abord avec une hyberpbole « un gouffre de biologie béait entre eux », puis une vérité assénée, « ils n’étaient plus de la même espèce » et développée dans un détail de leurs différences biologiques et génétiques qui montrent que s’ils appartiennent tous les deux au genre homo, ils sont néanmoins issus de deux clades différents de l’espèce humaine. Belisarius ne peut alors pas s’appuyer sur une éventuelle curiosité exacerbée de Iekanjika, puisque celle-ci n’est pas présente dans les mêmes proportions que chez les homo quantus. La référence finale au Don Quichotte de Cervantès, avec le fait de se battre « contre des moulins à vent », marque les limites des schémas réflexifs des homo quantus, qui restent parfois trop abstraits, même lorsqu’il s’agit de ceux de Belisarius Arjona, pourtant supposé être adapté à la violence du monde, puisqu’il s’est échappé de la Mansarde et y a survécu.

Les descriptions des processus cérébraux et des schémas des homo quantus sont d’ailleurs toujours à l’honneur et montrent d’une part la particularité de leur configuration cérébrale, mais aussi leur vitesse et leur finesse d’exécution lors des passages en mode savant et en fugue quantique, qui marque par ailleurs leur perte de subjectivité et de sens du concret, ce qui entrave d’ailleurs leurs aptitudes sociales. Leurs particularités cérébrales les poussent alors à l’abstraction et à l’isolement du reste du monde, ce qui les met en retrait des événements géopolitiques qui pourraient bouleverser leur existence, comme le font les actes de Belisarius Arjona. En sa compagnie, les homo quantus découvrent peu à peu le monde extérieur, ce qui les amène à une forme de maturité, Belisarius en prenant ses responsabilités vis-à-vis de son peuple, les homo quantus face au monde qui les entoure et contre lequel ils ne sont plus protégés.

S’il est centré sur les homo quantus et le(s) voyage(s) dans le temps nécessaire(s) pour les sauver, Le Jardin quantique fait aussi la part belle aux homo eridanus, avec l’incroyable personnage de Vincent Stills et son langage toujours aussi fleuri, couplé à une formidable tendance à l’insubordination.

« Unité Couilles, ordonna-t-il, mitraillez le Sainte-Foy à bout portant. Entrez-lui dans le cul et profitez-en pour décharger. Bousillez-moi ces moteurs. Unité Bite, massacrez le Portneuf. Unité Cul, en petits groupes. On va se payer quelques-uns de leurs officiers. »
Des hurlements électriques approbateurs saturèrent le canal. Leur commandant protestait sans doute, mais Stills n’entendait foutrement rien de la sorte. Il lui expédia un rapide « À vos ordres » histoire de lui fermer le clapet. Puis il plongea dans la bataille.

Sans trop rentrer dans les détails, le voyage dans le temps de Belisarius et Iekanjika implique qu’ils se rendent quarante ans plus tôt, sur Nyanga, qui se trouve être le berceau de l’union subsaharienne et première étape de leur libération de l’emprise des griffes de la Congrégation vénusienne. Leur mission leur est confiée par la générale Rudo, qui a connu cette période trouble lors de laquelle différentes factions se méfiaient les unes des autres et complotaient pour prendre le pouvoir sur la flotte. Les deux personnages découvrent que cette époque se trouve largement romancée et idéalisée par le roman national de l’Union, puisque les conditions de vie y sont difficiles et les complots politiques omniprésents.

Iekanjika doit notamment composer avec le fait que la générale Rudo, dont elle est l’une des épouses et perçue comme héroïne de cette époque en raison de ses supposés agissements qui ont permis d’unifier la flotte, est dans le passé une capitaine autoritaire et sans scrupules qui cache bien des secrets. Iekanjika se trouve alors en position de force vis-à-vis de la Rudo du passé, mais aussi dans une posture qui la conduit peut-être à déterminer ce qu’elle deviendra historiquement. La causalité se trouve alors inversée, puisque le futur est en mesure de déterminer le passé et non l’inverse (oui oui, vous avez bien lu). Les personnages, et le lecteur à travers eux, sont mis face à des implications vertigineuses quant aux conséquences de leurs actes, qui peuvent complètement changer le pouvoir de l’union subsaharienne, mais aussi (et surtout ?) détruire deux peuples, celui de Iekanjika et celui de Belisarius, dont ils portent la responsabilité.

La voix d’Iekanjika était calme. Elle devait accepter le fait qu’elle était la plus âgée et la plus expérimentée des deux. Elle s’adressait à une capitaine, pas à une générale.
« Vous ne me parlez pas ! répliqua Rudo en pointant le doigt sur elle. Les rencontres soulèvent des questions.
– Faire tuer un homme en soulève moins ? »
Les yeux de Rudo se plissèrent.
« C’est du chantage ?
– Je ne l’ai pas tué.
– Qu’est-ce que vous faites ici, alors ?
– Je ne suis pas une tueuse et vous ne devriez pas en être une non plus. C’est donner le mauvais exemple. Il n’y a là-dedans rien d’honorant, rien qui incitera à vous suivre.
– Je n’ai nul besoin qu’on me suive.
– La Rudo que je connais ne se déshonorerait pas ainsi. »
La capitaine eut l’air sincèrement déconcertée, comme si l’argument qu’avançait Iekanjika lui échappait.

Ici, Iekanjika se trouve en position de force vis-à-vis de Rudo, puisqu’elle lui donne des conseils et ignore ses ordres. Ses conseils portent sur la manière dont elle peut devenir une meneuse de l’Union et se construire un ethos, c’est-à-dire une image, de capitaine honorable, qui montre l’exemple par ses agissements intègres. L’étrangeté du discours de Iekanjika transparaît dans le fait qu’elle se sert d’un exemple précis pour tenter de convaincre Rudo, qui est Rudo elle-même (oui oui), mais celle qu’elle connaît, et non celle à laquelle elle est confrontée. Dans ce passage, l’image future de la générale Rudo est en mesure de déterminer les agissements et la posture de la capitaine Rudo du passé, à travers le discours de Iekanjika.

Cependant, cette dernière se trouve aliénée par le temps et le déterminisme provoquée par la causalité. Ainsi, si Iekanjika a voyagé dans le temps pour aider Rudo, a-t-elle obtenu ses avancements dans sa carrière parce qu’elle le méritait, ou parce que Rudo avait besoin qu’elle les obtienne afin qu’elle interagisse avec elle dans le passé ? On observe alors qu’elle doit faire face à un déterminisme et un enchaînement d’actions qui évoquent le fatum cher aux pièces tragiques classiques). Belisarius et Iekanjika voient alors leurs choix extrêmement limités par les lois de la causalité elle-même, qu’ils craignent de rompre, et la création d’un (voire plusieurs, oui oui) paradoxes temporels dans l’Histoire de la force expéditionnaire, mais aussi dans l’Histoire tout court. Ils doivent donc tenter de se tenir à la ligne temporelle qui correspond à la leur, en prenant en compte que le passé de la Force expéditionnaire a été largement romancé, avec certains épisodes passés sous silence, pour créer un véritable roman national qui permet d’unir le peuple (qui a dit bonapartisme ?). Le voyage dans le temps de Belisarius et Iekanjika est alors vertigineux par ses implications politiques, mais aussi par ses conséquences psychologiques (je ne vous en dirai pas plus).

Sur Nyanga, les deux personnages font également la rencontre d’une espèce extraterrestre dont je vais brièvement vous parler.

Hortus quantus, des fleurs par-delà le temps


Les intelligences végétales que rencontrent Belisarius et Iekanjika sont appelées les hortis quantus, ce qui en latin signifie jardin quantique (comme le titre du roman, oui oui). Elles se rassemblent autour du portail temporel qu’ont emprunté les personnages et communiquent par le biais d’odeurs. Leur mode de communication n’est cependant pas ce qu’elles ont de plus vertigineux, puisqu’elles sont en effet capables d’évoluer par une causalité inversée (oui oui), permise par leur capacité à envoyer des informations dans un présent qui s’étend sur vingt-deux ans (oui oui).

Pour eux, onze ans dans le passé et dans le futur pouvaient sembler contigus, voire simultanés. Ils expédiaient des signaux d’un côté et en recevaient de l’autre. Mais les, disons, cinq dernières et cinq prochaines années ne devaient pas leur être invisibles. Du point de vue de l’évolution, ça n’aurait guère de sens.
Ils savaient ce qui se produisait dans l’intervalle, mais cette connaissance ne découlait pas d’observations. […] Sauf que les Hortus quantus n’additionnaient pas des observations faites dans l’espace. Ils intégraient les informations sur une simultanéité de vingt-deux ans.
Mais que voyaient-ils ? Ils n’expédiaient pas des modèles électriques ou des images. Les combinaisons génétiques inadaptées au futur étaient écartées, et non envoyées dans le passé. Ils voyaient leur environnement dans l’abstraction des fréquences génétiques. Ils le voyaient en fonction de la façon dont ils avaient évolué pour s’y adapter. Peut-être ne distinguaient-ils pas les irrégularités du sol devant eux, mais l’immensité de l’image fournie par leur télescope génétique donnait le frisson.

L’évolution des hortus quantus est provoquée par une inversion de la causalité, et donc du déterminisme évolutif, puisqu’elles sélectionnent les caractéristiques qui vont les améliorer dans le futur. Elles constituent une forme d’altérité radicale puisque leur perception du temps n’est absolument pas la même que celles des homo sapiens, mais surtout dans le fait qu’elles parviennent à s’autodéterminer grâce à leur connaissance des événements qui leur permettent d’opérer consciemment une sélection afin de s’adapter dans le passé aux événements futurs grâce à leur perception étendue du temps. J’ai beaucoup aimé la description et la mise en scène de cette espèce qui diffère de celles que l’on peut voir en science-fiction dans le vertige temporel qu’elles provoquent.

Le mot de la fin


Le Jardin quantique constitue la suite du Magicien quantique de Derek Künsken, mais peut être lu indépendamment. Il met en scène un Belisarius Arjona aux prises avec les conséquences de sa gigantesque arnaque, qui impliquent la destruction de la Mansarde, berceau et foyer des homo quantus. Il doit alors voyager dans le temps en compagnie de la commandante Iekanjika, qu’il a trahie, afin de les sauver. 

Les deux personnages sont alors confrontés à une période trouble de l’union subsaharienne et au risque de paradoxes temporels qui peuvent briser la causalité, mais aussi à la manière dont le déterminisme, génétique comme temporel pèse sur leurs agissements, ce qui donne lieu à des dilemmes tragiques particulièrement puissants. Ils font par ailleurs la découverte d’une espèce extraterrestre dont la perception du temps et l’évolution sont particulièrement vertigineuses.

Je vous recommande Le Jardin quantique, si vous cherchez un roman de SF de haute volée qui traite de voyages temporels.

Vous pouvez également consulter  les chroniques du Nocher des Livres, Apophis, Feyd Rautha (L’épaule d’Orion), Les blablas de Tachan, Les pipelettes, CélineDanaë (Au Pays des Cave Trolls), Anne-Laure (Chut… Maman lit !), Les lectures du Maki, Dionysos (Le Bibliocosme),

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