Interview de Colin Heine

Salutations, lecteur. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de te proposer une interview de Colin Heine, l’auteur de La Forêt des araignées tristes, paru chez ActuSF en Février 2019 dans le cadre des Pépites de l’Imaginaire.

Je remercie chaleureusement l’auteur d’avoir accepté de répondre à mes questions et d’avoir donné autant de détails !

Vous pouvez retrouver toutes les autres interviews en suivant ce tag, mais également dans l’onglet « Interview » dans le menu du blog !

Sur ce, je laisse la parole à Colin Heine !

Interview de Colin Heine

Marc : Peux-tu te présenter pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas ?

Colin Heine : J’ai bientôt 46 ans, je vis en Autriche, à Vienne, et j’enseigne l’allemand langue étrangère dans une école française. Avant d’être enseignant, j’ai travaillé comme traducteur indépendant dans des domaines aussi divers que l’informatique, les jeux vidéo, les plaquettes publicitaires, les modes d’emploi, le jeu de rôle, le jeu de batailles de figurines, Star Wars, Smallville et Buffy contre les Vampires ! C’était très amusant à faire même si, au bout d’un moment, j’ai eu envie de passer à autre chose…

Marc : Depuis quand écris-tu ?

Colin Heine : C’est à l’adolescence que j’ai commencé à rédiger quelques textes, mais j’ai fait ça très timidement, sans vraiment pousser à fond l’effort d’écriture. J’essayais, je tâtonnais, sans trop d’ailleurs savoir ce que je voulais faire. Je me suis lancé dans l’aventure d’un premier roman un peu avant la trentaine, mais ça n’a rien donné. Pourtant, l’idée de retenter le coup ne m’a jamais vraiment quitté.

Marc : Comment t’est venue l’idée de La Forêt des araignées tristes ?

Colin Heine : C’est difficile à dire… À travers mes lectures, et surtout le jeu de rôle, j’ai toujours fait travailler mon imagination. Je crois qu’à un moment donné, comme je n’avais plus trop l’occasion de jouer (mes amis et moi-moi-même avions moins de temps à cause du travail, de la famille… bref, de la vie), j’ai ressenti le besoin de faire quelque chose, d’évacuer un peu le trop-plein d’idées que j’avais dans la tête. De ce point de vue, écrire un roman a été un bon exutoire.

Ce qui est né en premier avec ce livre, c’est l’univers. Je suis parisien d’origine, et le steampunk m’attirait depuis longtemps. Après, les idées sont venues petit à petit : les gargouilles, les frankies, les piliers… Tout s’est créé avec le temps. Ce n’est que quand j’ai pu me représenter l’univers du roman avec assez de clarté que j’ai commencé à réfléchir à des personnages, à une intrigue. De ce point de vue, il était clair pour moi que je souhaitais raconter quelque chose dans une sorte d’univers parallèle, mais qui ne visait à tromper personne quant à sa signification. L’idée me plaisait de parler de choses inventées tout en sachant pertinemment que j’allais en réalité évoquer notre monde. C’est pour ça que les parallèles avec notre XIXe siècle et la marche à la guerre du début du XXe sont non seulement évidents, mais aussi pleinement assumés. De même, comment évoquer cette époque sans parler des soubresauts, des convulsions sociales qui l’ont traversée ? Ce sont des considérations qui me tiennent à coeur et, du coup, tout s’emboîtait parfaitement.

Marc : Combien de temps as-tu mis pour rédiger ton roman ? Quels sont tes meilleurs et pires souvenirs de rédactions ? As-tu des anecdotes à partager ?

Colin Heine : J’ai mis plusieurs années à écrire ce roman, tout simplement parce qu’il m’a fallu du temps pour m’astreindre à une discipline d’écriture suffisante. J’ai également passé un concours difficile qui m’a beaucoup accaparé. Donc je laissais parfois tout en plan pendant plusieurs mois avant de m’y remettre. En même temps, cela me permettait de faire mûrir certaines choses, de sorte que, quand je reprenais mon travail, je ne partais pas de rien. Les pistes s’étaient affinées, précisées. D’ailleurs, je mettais un point d’honneur à noter toutes les idées qui me venaient, où que je sois : il suffit de prendre systématiquement une note sur son smartphone, et donc être rigoureux. Après, je pouvais faire le tri, effacer ce qui ne me plaisait pas et garder ce qui, à mon sens, enrichirait le roman. En fait, je pense qu’on a tous énormément d’idées. Il faut juste les noter et les reprendre plus tard, avec un oeil neuf. On peut mettre à la corbeille ce qui ne nous plait pas par la suite, et il reste toujours de bonnes choses.

C’est comme ça que m’est venue par exemple la scène de l’explosion de la boule kinétique (j’essaye de ne rien dévoiler !). Brusquement, la réalité change et tout sombre dans le chaos, dans l’espace confiné d’une petite pièce. J’ai donc choisi de refléter cet état de chose dans le style : tout part dans tous les sens, la ponctuation disparaît, des expressions bizarres apparaissent, on passe d’une chaise à une flaque de boue bordée d’arbres étranges… Ce lien organique entre le fond et la forme me plaît.

Après, tout n’a pas toujours été rose, loin de là. J’ai eu du mal à ne pas perdre le fil de ce que savait chaque personnage à un moment donné. Peut-il faire cette remarque ? Comment a-t-il obtenu cette information ? etc. Toutes les indications de temps et de durée m’ont également posé problème, et parfois je m’y perdais. Heureusement mon éditrice, Marie Marquez, avait l’œil pour cela et elle a pointé du doigt une foule de petites incohérences que nous avons pu corriger. Avec parfois des résultats inattendus : Ici aussi, je ne veux rien dévoiler, mais j’avais choisi comme numéro de cabine d’une sorte de palace volant le 237. C’était évidemment une référence purement gratuite à Shining, car j’admire énormément le cinéma de Stanley Kubrick. Or, pour certaines raisons de cohérence temporelle, une fois les corrections apportées, ça ne collait plus du tout avec le reste, donc il a fallu que je change et la référence s’est perdue… Mais cela n’a évidemment aucune importance en soi.

Je me suis aussi beaucoup amusé à inventer des mots, comme par exemple envogue, contraction de envol et de vogue, ou bien les frankies, dont l’apparence est en gros celle de la créature de Frankenstein…

Marc : Es-tu rôliste ? Joues-tu à des jeux-vidéos ? Quelles sont tes références dans ces domaines ?

Colin Heine : Oui, j’ai longtemps pratiqué le jeu de rôle, surtout durant mon adolescence et mes années de jeune adulte. L’Appel de Cthulhu, Maléfices, Paranoïa, Vampires… Je pourrais en citer beaucoup. Mais mon jeu fétiche reste Rêve de Dragon. Son univers est une trouvaille de poésie, d’inventivité et d’onirisme, et il n’a pas son pareil à mes yeux. J’y ai joué un nombre d’heures incalculable et je regrette de ne plus avoir le temps de m’y consacrer comme il le mérite. En même temps, j’y ai aussi joué en Autriche, en allemand, c’est dire si ce jeu me passionne !

En matière de jeux vidéo, je n’ai pas de préférence particulière, et je joue un peu à tout, mais pas très souvent. Disons, Minecraft avec les enfants et The Witcher quand ils sont au lit…

Marc : En littérature, quels auteurs et œuvres apprécies-tu ? Est-ce que certaines de tes lectures t’ont servi dans la rédaction de ton roman ?

Colin Heine : Je pense que, d’une manière ou d’une autre, toutes mes lectures m’ont servi. Se plonger dans le style d’un auteur, dans son univers, dans sa manière de raconter une histoire, cela permet aussi de réfléchir à la façon dont on aimerait procéder. Il ne s’agit pas copier qui que ce soit, bien sûr, car cela n’aurait aucun sens, mais plutôt de se laisser emmener par un style d’écriture et d’y puiser ce qui permet d’avancer. Ainsi, Robin Hobb m’a beaucoup marqué : j’ai dévoré son cycle de l’assassin. Mais j’ai aussi apprécié Ann Rice, Stephen King… J’ai adoré les livres de David Lodge, dans un autre registre.

Marc : On peut dire que La Forêt des araignées tristes appartient au genre du steampunk. Est-ce que ce genre t’intéresse particulièrement ?

Colin Heine : Oui, je crois. J’adore le médiéval-fantastique, mais il est devenu difficile d’inventer quelque chose de nouveau, de vraiment personnel dans ce genre-là. Ce n’est pas le cas du steampunk, à propos duquel j’ai le sentiment que tout n’a pas été dit, loin de là. D’ailleurs, il était très important pour moi de ne coller à ce genre que par certains aspects et d’y apporter des éléments inhabituels, de les y insérer le plus naturellement possible pour obtenir un résultat un peu inédit. C’est une des raisons pour lesquelles on trouve des gargouilles dans mon livre, ou des cadavres qui servent de majordomes un peu grotesques. Cela donne un côté gothique à ce monde qui se marie de façon rafraîchissante, je trouve, à tout ce que le mot steampunk peut évoquer.

Marc : Pourquoi avoir choisi ce titre ?

Colin Heine : C’était une tournure qui me plaisait bien. Elle est énigmatique, un peu poétique… Elle évoque une contrée lointaine qui, de fait, joue un rôle central dans les aventures du personnage principal, même si ce n’est pas dit explicitement. C’est de là que vient la créature qui le poursuit, sans qu’il comprenne vraiment pourquoi ni quel rôle elle joue. Ce titre un peu décalé est aussi, d’une certaine manière, une façon d’inviter le lecteur à s’interroger sur le sens caché de cette histoire. S’interroger sur le titre, c’est déjà avoir envie de savoir, de comprendre. Et si je me garde bien de donner une explication claire à ce sujet, c’est justement pour permettre toutes les interprétations.

Marc : Quels éclairages peux-tu donner sur la fin du roman ? Pourquoi avoir choisi de la raconter de cette manière ?

Colin Heine : On touche ici un peu à la même problématique. Jusqu’où faut-il expliquer ? Cette toute dernière scène du roman, assez cryptique en elle-même, m’est venue naturellement. En l’écrivant, j’avais le sentiment d’apporter son ultime conclusion au développement du personnage principal, une conclusion qui s’inscrivait comme il me convenait dans le reste du récit. Effectivement, on ne peut pas prendre ce que j’y décris au pied de la lettre : c’est trop fou, trop désarçonnant… Mais là encore, je n’ai pas eu envie d’expliquer, de prendre le lecteur par la main et de tout lui dire. De ce fait, c’est une scène qu’on peut interpréter comme on veut : ça peut être un rêve, ou bien la réalité, ou bien on peut choisir de ne pas se décider entre les deux parce que, au fond, ça n’a aucune importance.

Marc : L’un des personnages de La Forêt des araignées tristes, Anatole Gerfon, agit de manière particulièrement sordide. Pourquoi avoir créé un personnage tel que lui ? Peux-tu nous en dire plus sur sa genèse ?

Colin Heine : Je crois que c’est Hitchcock qui disait que, pour un bon film, il faut un bon méchant. J’ai donc dès le départ beaucoup réfléchi à ce personnage. L’idée de faire de sa médiocrité crasse le moteur de sa méchanceté m’a séduit. Il était amusant de décrire cet homme moralement petit, consumé par sa propre ambition, et qui s’entoure constamment de gens encore plus bas que lui (au moins sur l’échelle sociale) pour se donner le sentiment d’une hauteur personnelle qu’il ne possède pas. Le fait qu’il se cache constamment souligne en outre sa lâcheté et sa haine des autres, qu’il appelle avec mépris le « public ». Il préfère rester dans les coulisses et voir sans être vu… En fait, je n’ai pas eu peur d’aller trop loin dans l’immoralité avec Anatole, et il était très amusant à construire.

Marc : Quels personnages du roman as-tu préféré écrire ? Est-ce que certains d’entre eux t’ont paru difficiles à appréhender ?

Colin Heine : Chaque personnage présente toujours au moins quelques difficultés, mais elles finissent par se résoudre en écrivant. Même si tout n’est pas établi dès le départ, les détails viennent ensuite et on a rapidement une idée assez précise du caractère de chacun. Agathe a été un peu plus problématique, car il a tout de même fallu se demander ce qui expliquait sa verdeur outrancière. Là aussi, la réponse à cette question n’est pas directement formulée, mais certaines remarques permettent quand même de comprendre que c’est son amour pour Bastien qui lui donnent son caractère acariâtre : elle accepte mal de l’aimer autant, car cela la rend vulnérable.

Le personnage de Hargne n’a pas non plus été évident, tout simplement parce que sa morale n’est pas claire. Il apparaît doucereux et déterminé, sûr de lui, sa volonté semble tendue vers un objectif qu’il ne lâchera pas, ce qui lui fait commettre des actes répréhensibles. Pour autant, ce n’est pas le méchant de l’histoire et, s’il peut agir pour faire le bien, il ne s’en prive pas. C’est un personnage qui s’inscrit dans une logique particulière, et ce sont ses actes qui la font apparaître. Aujourd’hui encore, je le trouve tout en ambiguïtés morales, et c’est quelque chose qui s’est dessiné petit à petit durant l’écriture. Je ne savais pas trop où le ranger, mais il se trouve en définitive en dehors de toutes ces considérations, ni franchement bon, ni complètement mauvais.

Marc : Pourquoi avoir établi des parallèles aussi explicites entre le monde de ton roman et l’avant première guerre mondiale, à travers les tensions entre la Galle et la Germanie, ou encore la naissance de mouvements ouvriers ?

Colin Heine : Pour deux raisons. La première est que le monde s’y prête bien : on parle quand même d’une sorte d’univers parallèle, mais situé dans le passé. Or ce passé a été riche d’expériences, de modifications et de révoltes sociales qu’on doit connaître, à mon sens, si on veut comprendre le monde d’aujourd’hui. Et la seconde, en lien avec la première, est que ce sont des thèmes qui m’intéressent. Pendant que je jetais les bases de ce roman et que je définissais son univers a eu lieu le centenaire de la déclaration de la première guerre mondiale. Comme toujours, les discours patriotards n’ont pas manqué, et c’est quelque chose que j’abhorre. Je trouve écœurant de parler de cette tuerie sans reconnaître que, loin d’être une quelconque aventure nationale ou patriote, il s’agissait d’une guerre entre grandes puissances pour le repartage des colonies, ce que souhaitaient les banquiers et les industriels, pour reprendre le mot d’Anatole France. On a fait s’entretuer les peuples du monde pour les profits d’une minorité, et c’est ce que j’avais envie d’évoquer en filigranes dans mon livre.

Quant aux mouvements ouvriers, là encore, ils sont nés au XIXe siècle. Il me paraissait difficile de les ignorer, de ne pas parler du mouvement luddiste, dont les membres voulaient détruire les machines qui les avaient précipités dans la pauvreté et les soumettaient à des conditions de vie et de travail effroyables, puis de la lutte contre les pouvoirs en place, et enfin de la prise de conscience de la dimension internationaliste du combat pour l’émancipation sociale. Cette thématique me semble tout à fait naturelle dans un univers situé à cette époque, même s’il est fantasmé.

Marc : L’univers de ton roman fait preuve de beaucoup de verticalité et utilise la voie des airs pour contourner la « vape », qui est une métaphore assez explicite de la pollution. Pourquoi avoir fait ce choix de la verticalité et de l’emploi de la voie des airs, à travers des trams aériens, mais aussi des gargouilles et du Gigantique ?

Colin Heine : Le monde étant recouvert de vape, il me paraissait nécessaire de voyager par les airs. Et cette idée me plaisait parce qu’elle permet des scènes de tension, dangereuses pour les personnages. C’était un cadre idéal pour les moments d’action que je voulais raconter. Par ailleurs, parler des riches qui sont en haut et des classes laborieuses et miséreuses en bas permettait d’inscrire dans l’espace cette opposition sociale. C’était un moyen, encore une fois, de lier le fond à la forme. À un autre niveau, cela m’a également permis de définir de façon indirecte le personnage de Bastien qui, à quatre reprises dans le roman, tombe : Bastien n’a, littéralement, pas les pieds sur terre, il ne contrôle pas sa vie. Ainsi, à travers certaines scènes thématisant la verticalité de cet univers, on peut aussi comprendre le personnage principal.

Marc : Comment perçois-tu le fait que ton roman paraisse dans le cadre des Pépites de l’Imaginaire des Indés de l’Imaginaire ? Ressens-tu une certaine pression ?

Colin Heine : Pour être franc, je découvre tout ça puisque c’est mon premier roman. Donc, non, je ne ressens pas de pression particulière en dehors de celle inhérente à la parution d’un livre. Mais c’est surtout quelque chose de très agréable à vivre : je ne ressens pas de stress particulier.

Marc : T’imposes-tu une discipline particulière pour écrire ? Quels conseils donnerais-tu aux jeunes auteurs ?

Colin Heine : Oui, la régularité. Si on écrit uniquement quand on en a envie, quand on se sent inspiré, on ne finit pas. Alors même les jours où on ferait volontiers autre chose, il faut se faire violence, s’asseoir à son bureau et sortir son compte de mots. Ils ne seront pas forcément bons, mais il sera toujours temps d’éditer et de corriger après. Autrement dit, l’important est d’écrire régulièrement (même si ce n’est que 500 mots par jour) en acceptant qu’on ne sera probablement pas satisfait du résultat, mais que c’est normal, car ce n’est que le premier jet et le texte connaîtra bien des transformations avant de revêtir sa forme finale. Je conseillerais également de bien cibler les éditeurs destinataires du manuscrit.

Marc : Quels sont tes prochains projets d’écriture ? Y aura-t-il une suite à La Forêt des araignées tristes ?

Colin Heine : Je n’ai pas prévu de suite à ce roman en particulier, mais je prévois une nouvelle aventure dans le même univers. Il s’agira d’un autre pays, d’autres personnages et d’autres situations, mais le monde sera le même. En même temps, il n’est pas impossible que je fasse réapparaître un personnage de La Forêt des araignées tristes, si cela fait sens… Je verrai bien où cette histoire m’emmènera !

Marc : Quelles sont tes prochaines dates de dédicaces ?

Colin Heine : Je serai en dédicace le 15 mars à la librairie La Dimension Fantastique à Paris, de 17h à 19h, dans le cadre de la rencontre organisée par ActuSF « De Vienne à Bruxelles ». L’événement se répétera le lendemain, le samedi 16 mars, au salon du livre Paris de 10h à 13h. Il y aura ensuite un « Petit-déjeuner Steampunk » le dimanche 17, toujours au salon du livre et à la même heure. Enfin je suis invité au festival Imaginales à Épinal, du 23 au 26 mai prochains.

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