Interview de Vincent Tassy

Salutations, lecteur. Aujourd’hui, j’ai l’immense plaisir de te proposer une interview de Vincent Tassy, auteur de Diamants, paru aux éditions Mnémos !

Je vous rappelle que vous pouvez retrouver toutes les interviews du blog grâce à la catégorie et au tag dédiés.

Je remercie Vincent Tassy pour ses réponses détaillées, et sur ce, je lui laisse la parole !

Interview de Vincent Tassy


Marc : Pouvez-vous vous présenter pour les lecteurs qui ne vous connaîtraient pas ?

Vincent Tassy : Je suis né il y a un peu trop longtemps, en 1989. J’ai publié mon premier roman en 2016, Apostasie, après plusieurs nouvelles dans différentes anthologies. Diamants est mon cinquième livre, et le premier qui relève à 100% du genre de la fantasy. Mes ouvrages sont souvent sombres et mélancoliques. Ils portent en eux un héritage gothique assez marqué. Ma passion pour cette littérature-là m’est venue très tôt, et je l’explore encore aujourd’hui à travers mes lectures et mon écriture. C’est une influence, je crois, décisive pour moi. Elle a contaminé irréversiblement mon imaginaire.


Marc : Avez-vous toujours voulu devenir écrivain ? Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture, et aux genres de l’imaginaire en particulier ?

Vincent Tassy : Dès lors que j’ai appris à lire et à écrire, j’ai voulu faire ça. Et mes premiers vrais grands chocs littéraires, c’était de l’imaginaire. À l’adolescence, j’ai commencé à m’intéresser aux vampires. J’ai lu Dracula, Carmilla, La Morte Amoureuse, les Chroniques des Vampires, bien des classiques qui m’ont fasciné et qui ont déterminé quelque chose dans ma façon d’aborder l’écriture. Ils ont amplifié mon désir d’écrire. Aujourd’hui, même si je lis beaucoup plus de littérature générale, je ne peux faire autrement qu’écrire de l’imaginaire. Les histoires qui s’imposent à moi relèvent le plus souvent de ça. Est-ce que ça changera ?


Marc : Vous êtes rédacteur pour le magazine Obsküre. Est-ce que vous pouvez nous parler de ce magazine ? Quel genre d’articles y rédigez-vous ?

Vincent Tassy : J’ai intégré l’équipe d’Obsküre en 2007. À l’époque, c’était un webzine, et trois ans plus tard, le webzine a pris la relève de D-Side dans les kiosques en tant que magazine papier. Comme je faisais partie de l’équipe, je me suis joint au projet papier. Je rédigeais des chroniques musicales, littéraires, et j’interviewais des artistes. La ligne éditoriale d’Obsküre est claire : elle se consacre entièrement à l’actualité des musiques et cultures sombres, quelles que soient les chapelles (electro, indus, post-punk, wave, expé, ambient, gothic rock, metal…). Obsküre, avec la crise de la presse papier, a dû à nouveau migrer vers le format 100% web après plusieurs années à tenir le cap. Ma participation s’est largement raréfiée à cause de beaucoup d’obligations, mais je fais toujours partie de l’équipe et devrais logiquement pouvoir contribuer de façon un peu plus soutenue dans les années à venir.


Marc : Vous êtes aussi musicien dans le groupe de Metal Angellore. Comment ce groupe s’est-il formé ? Comment définiriez-vous votre musique ?

Vincent Tassy : Le groupe s’est formé grâce à Internet, en 2007. J’étais sur Last.fm, un réseau social de musique. J’étais aussi chroniqueur depuis quelque temps pour le site Nightfall In Metal Earth. François, qui est devenu par la suite mon meilleur ami, le parrain d’un de mes enfants – un frère de cœur comme on risque de n’en connaître aucun en plusieurs vies – et le co-fondateur du groupe, avait lu une chronique que j’avais publiée sur ce site, et il m’avait retrouvé sur Last.fm pour me remercier de lui avoir fait connaître le groupe dont je parlais, Saturnus. Nous avons sympathisé, beaucoup parlé par messagerie puis par téléphone, et très vite, avons mis en place un projet de groupe de Doom. C’était l’été 2007. Le groupe s’est agrandi ensuite, puis nous avons enregistré trois albums. Nous préparons actuellement le quatrième. Notre musique est très atmosphérique et triste. Elle peut correspondre à plusieurs sous-genres : le doom, le gothic metal et le black atmosphérique, notamment. Notre manière d’écrire est peu technique et joue beaucoup sur les mouvements, les textures et la langueur des mélodies. On peut y voir un hommage à la scène underground des nineties. Il est assez fréquent qu’on nous range aux côtés de groupes comme Alcest, entre autres.


Marc : Est-ce que vous écoutez beaucoup de Metal ? Quels groupes ou genres affectionnez-vous particulièrement ? Quels albums vous ont plu dernièrement ?

Vincent Tassy : Je n’écoute pas beaucoup de Metal. Je préfère les musiques d’obédience goth (cold wave, electro indus, heavenly voices…). Mais j’aime beaucoup le gothic metal – pas tout, bien sûr, mais des groupes comme Tristania, The Sins Of Thy Beloved ou les premiers albums de Sirenia, sont très importants pour moi. J’aime aussi beaucoup le doom et le black atmosphérique. Dernièrement, j’ai beaucoup aimé certains titres de Skyforest et Unreqvited.


Marc : Aux éditions du Chat Noir, vous êtes directeur d’une collection qui vise à réhabiliter des œuvres oubliées du romantisme noir. Qu’est-ce qui vous intéresse dans le romantisme noir ? Quelles œuvres comptez-vous rééditer ? Pourquoi ?

Vincent Tassy : J’ai réalisé un petit rêve en créant avec le Chat Noir la collection Gothicat. Je lis beaucoup de vieux manuscrits oubliés relevant du genre du roman « terrifiant » de la fin du XVIIIe, et des choses qu’on peut associer grosso modo au « romantisme noir » (appellation commode et finalement très floue, et ça m’arrange). Je fais une veille active autour des publications scientifiques qui concernent la vieille littérature gothique, et c’est souvent au fil desdites recherches que je découvre des textes ; je les lis, puis lorsqu’ils me séduisent, j’envisage de les travailler pour Gothicat. Ça a commencé avec Le Solitaire d’Arlincourt. Ces œuvres sont parfois oubliées pour de bonnes raisons, mais je les aime quand même. J’aime leur lyrisme d’un autre temps, leur côté évocateur… et parfois leur étonnante modernité ! Il y a de très nombreux textes dans ma liste de titres à travailler. En ligne de mire – mais cela prendra des années et des années – j’aimerais beaucoup que nous publiions tous les titres non encore disponibles en français et en éditions accessibles de la célèbre liste d’Isabella Thorpe dans Northanger Abbey.


Marc : Comment vous est venue l’idée de Diamants ?

Vincent Tassy : Il y a eu l’image de l’ange qui descend sur Terre. Après, ça s’est construit petit à petit. Mais le point de départ, c’est la fascination pour cette image et l’atmosphère autour. Pour le reste, je ne me souviens pas.


Marc : Votre éditeur écrit « Vincent Tassy portait en lui depuis longtemps ce roman de Fantasy ». Est-ce que la rédaction de Diamants a été longue ? Comment s’est-elle déroulée ? Avez-vous des anecdotes à partager ?

Vincent Tassy : La rédaction a été plutôt longue, je pense. Ça dépend des points de vue. Le plus gros du roman, qui comporte environ 800k sec, a été écrit en une année. Mais l’idée est née en 2016. J’ai écrit les premières lignes un ou deux ans après, je ne sais plus. Mais ce n’est que quand Mnémos s’est montré intéressé par le projet, fin 2018, que j’ai accéléré le rythme (entre temps, j’ai écrit notamment Loin de lui le soleil). J’ai posé le point final début 2020. La période de rédaction a été très difficile. Je ne savais pas toujours ce que je voulais faire. J’étais obligé de m’arrêter tout le temps. Je voulais laisser le livre se construire lui-même, avancer, et que les évidences s’imposent à moi. C’est ce qui s’est passé. Mais c’était dans le doute, tout le temps. J’aime beaucoup ce livre notamment parce qu’il a été difficile à faire et qu’il m’a forcé à me confronter à des questions que l’écrivain que je suis avait toujours réussi à éviter jusqu’alors.


Marc : Comment s’est déroulé le processus éditorial du roman ?

Vincent Tassy : Mnémos avait aimé Apostasie, initialement sorti au Chat Noir. Ils l’avaient publié en poche, dans la collection Hélios, en mars 2018. J’avais rapidement discuté avec Nathalie Weil, lors d’un événement (je ne sais plus lequel), de mon envie de faire de la fantasy « pure ». Frédéric Weil m’a écrit quelque temps après pour me dire qu’il était intéressé. J’avais déjà écrit trois chapitres. Je les lui ai envoyés. Il les a beaucoup aimés et m’a dit qu’il sentait que ça allait lui plaire. Que je pouvais déjà considérer que j’avais un éditeur pour ce livre. Ça m’a encouragé à me lancer à 100% dans ce projet. J’ai fini Loin de lui le soleil en janvier 2019, puis je me suis aussitôt lancé sur tout mon temps libre dans la rédaction de la suite de Diamants. J’envoyais les chapitres trois par trois à Frédéric, qui me donnait son avis au fur et à mesure. C’était très plaisant de travailler ainsi. Ça relançait ma motivation régulièrement. Comme publier un roman chez Mnémos était un très vieux rêve pour moi, cette élaboration originale donne au souvenir de mon arrivée dans leur catalogue un parfum tout particulier.


Marc : Diamants est un roman polyphonique. Est-ce que le choix de plusieurs personnages point de vue était volontaire ? Certains d’entre eux vous ont-ils semblé difficiles à écrire ?

Vincent Tassy : J’aime bien cette structure narrative des personnages point de vue. Elle n’est pas originale du tout – j’ai même l’impression qu’elle est majoritaire depuis un moment, et Le Trône de Fer en est un exemple édifiant – mais elle permet d’explorer un univers, plusieurs sensibilités et regards autour d’une même intrigue. Je n’ai pas eu à réfléchir bien longtemps avant de faire ce choix-là pour Diamants. C’est celui que j’avais fait aussi pour Comment le dire à la nuit. J’ai choisi les points de vue que j’allais exploiter dans la narration en m’assurant bien que tous les personnages me plairaient, qu’aucun ne serait laborieux à suivre. C’était un choix vraiment conscient et préparé. Donc, aucun ne m’a semblé difficile à écrire. J’ai pris autant de plaisir et éprouvé autant de souffrance pour chacun d’eux.


Marc : Votre roman traite d’une figure mystique, L’Or Ailé, un ange censé apporter la prospérité aux humains, mais dont la présence se révèle un moteur de désillusions pour le royaume de Vaivre et ses rivaux. Pourquoi subvertir une figure de la providence ? Sans rentrer dans les détails, on remarque qu’il est capable d’altérer la mémoire des Hommes et même l’Histoire. Pourquoi lui donner un tel pouvoir ?

Vincent Tassy : Je ne sais pas si je subvertis quoi que ce soit. Ça dépend de comment on le voit. On peut penser à Lucifer. On peut aussi se dire que celui qui devrait être un ange de bonté est beaucoup trop trouble et insaisissable. Là serait la subversion, d’accord. Mais en fait, je ne me suis pas posé ce genre de questions. Je ne voulais pas le faire. Je voulais écrire un livre avec un ange. Avec une espèce de messie. Je pense que tous mes livres sont des livres à messies. Que beaucoup de livres le sont. C’est gravé en nous, ce désir de messies. Mais dans messie il y a « mess », en anglais c’est le gâchis, le désastre. Mais comment on fait pour écrire un livre avec un messie ? Ce n’est pas possible du tout. C’est trop lourd, trop chargé de symboles et d’histoire. Alors il ne fallait pas se poser trop de questions. Il fallait juste le faire. Je crois justement que pour donner de la profondeur à un tel personnage, il faut être dans une grande ignorance de ce que l’on est en train de faire. Il faut chercher délibérément cette ignorance. Sinon c’est fichu. L’Or Ailé ne me révèlera jamais tous ses secrets, et tant mieux. C’est pour ça aussi qu’il s’efface des mémoires. Il est le vertige et l’inconnu. Il est notre part de doute. J’aime beaucoup ça, c’est ce que je voulais faire.


Marc : Les dirigeants politiques, notamment Alamasonthe, reine de Vaivre, semblent déconnectés de la misère que leurs décisions entraînent. Pourquoi décrire de tels personnages plutôt que des dirigeants sages et éclairés ? On observe par ailleurs que le pouvoir pèse presque littéralement sur ces dirigeants. Est-ce que vous vouliez montrer des rois et des reines faillibles ?

Vincent Tassy : Il s’agit de réfléchir à la notion même de pouvoir, de règne, et de ce que cette notion, intrinsèquement, comporte d’apories, de scandales, d’impossibilités. Le personnage d’Alamasonthe est une reine triste qui noie son chagrin dans l’exercice du pouvoir et qui, avec l’arrivée de l’ange, commence à se demander si elle ne se fourvoie pas depuis toujours. Si exercer le pouvoir sert à quelque chose. Je ne cherche pas de solutions. Comme Bataille dans la citation que j’ai mise en épigraphe. Aucune solution n’est possible. Il y a un idéal qu’on n’atteindra jamais, mais qu’il faut poursuivre avec acharnement, avec un désespoir joyeux. Mes personnages comprennent ça, je crois, au fil de ce qu’ils traversent. Je crois que la présence de l’ange les y aide. Peut-être que Diamants c’était, je ne sais pas, je ne suis pas sûr, une tentative d’essayer de comprendre, par la lyrique plutôt que par l’essai ou la thèse, où sont les racines du désengagement massif aujourd’hui. Je crois que le roman est un support vraiment parfait pour explorer, sans les résoudre, ce genre de questions.


Marc : Vous dépeignez le royaume de Ronces, dont les habitants sont plongés dans une sorte de mélancolie qui met à distance toutes leurs autres émotions, et vivent isolés. L’atmosphère particulière de ce royaume s’incarne dans son roi, Adalelme. Pourquoi décrire un tel pays ? Pourquoi la magie y est-elle plus forte, par opposition aux restes des nations des Trois Continents ?

Vincent Tassy : Ronces est un pays au nord de Samsara, le continent central. Il y fait toujours nuit car les montagnes autour des terres ronces sont si hautes qu’elles cachent le soleil, et les nuages y sont denses, chargés de neige. C’est le pays du froid et de la neurasthénie. La lente disparition de la magie qui a frappé la plupart des pays des Trois Continents – nom de l’univers dans lequel se déroule l’intrigue du roman – n’a pas affecté Ronces, pour des raisons que le lecteur ou la lectrice du roman découvrira. Et l’exercice de la magie, qui demande normalement à ses praticiens une énergie mentale importante, y est moins coûteuse, car les mages de Ronces bénéficient de l’influence de L’Endeuillé Soleil – une onde qui plane dans ce pays nocturne et isolé, et qui assourdit les émotions des habitants, les rend mous et apathiques. Les frontières de Ronces sont donc protégées par une magie très puissante. Ça a été un plaisir immense de créer ce pays, d’en esquisser les mœurs, d’en accentuer les zones d’ombres. Je pense qu’une partie de moi trouve cet endroit abominable, et qu’une autre partie de moi aspire à y passer l’éternité. C’est un lieu de contrastes, de tensions idéologiques. C’est un lieu très littéraire. Il a cette force du vertige, avec ses édifices immenses, sa monochromie – la transparence du givre et l’obscurité de la pierre noire –, sa verticalité radicale. J’y reviendrai un jour dans un autre livre, à mon avis.


Marc : L’un des lieux clés de l’intrigue de votre roman est une terre de mystères historiques et mythiques, rempli de créatures dangereuses, avec les Brumes. Pourquoi décrire un lieu qui rationnalise les mythes de votre univers ?

Vincent Tassy : Comme pour Ronces, les Brumes étaient un fantasme très fort de mon imaginaire, que seule une fantasy comme Diamants pouvait me permettre d’assouvir. Un lieu sans fin, plongé dans le brouillard, jalonné d’immenses nécropoles de marbre étincelant. Je ne hasarde dans le roman aucune explication rationnelle sur l’existence des Brumes, leur raison d’être là. On peut faire beaucoup de suppositions. Je les aime toutes.


Marc : Votre roman traite aussi de l’amour et de ses formes, à partir des rapports entre la reine Alamasonthe, le roi Adalelme et leurs filles, Savannah et Daphnéa, mais aussi le lien qui unit L’Or Ailé à son Laquais, Mauront, ou encore la relation tragique entre Rajendra et Ersent. Pourquoi aborder l’échec de l’amour filial et de l’amour de manière plus générale ?

Vincent Tassy : Je ne sais pas si on peut parler d’échec de l’amour, dans Diamants, ou de réussite absolue. On pourrait lire ce livre comme l’histoire d’un amour absolu qui atteint de tels sommets que le monde ne peut plus vraiment le supporter. On pourrait le lire aussi comme quelque chose d’un peu démoralisant, où tout est toujours triste pour le cœur. J’ai l’impression, quant à moi, que c’est un roman avec des histoires d’amour très fortes qui irradient tout. Je ne suis pas capable d’en dire plus pour le moment, mais je comprends tout à fait qu’on puisse y voir du pessimisme. Pour ma part, je ne suis pas du tout pessimiste concernant l’amour, c’est même tout le contraire. Je crois que ce que je recherche en parlant d’amour, c’est surtout de l’intensité. Faire d’un roman un lieu très fort de crise, de puissance. Peut-être que je changerai d’avis plus tard.


Marc : Votre style apparaît très travaillé et colle à vos personnages, ce qui est visible notamment dans les chapitres prenant le point de vue d’Alamasonthe. Est-ce que vous diriez que vous mobilisez une forme de stream of consciousness ?

Vincent Tassy : Oui, c’est vrai, j’aime bien cette technique qui est magnifiquement exploitée, notamment, par Woolf dans Mrs Dalloway. J’aime l’idée que l’écriture ait ce pouvoir de reproduire et d’explorer les mouvements du sensible, plus encore que celui des pensées. Je n’ai en revanche pas du tout la sensation que mon style soit travaillé. J’écris de façon assez directe, de la seule façon que je puisse. En tout cas depuis Comment le dire à la nuit. Il y avait dans Apostasie une recherche et une sophistication, qui conviennent certes très bien à son côté bousingot assez grotesque et abusivement émotionnel, mais dans lesquelles je ne me reconnais plus vraiment aujourd’hui. J’écris d’une manière très naturelle, mais comme ma façon de faire est influencée et conditionnée par des styles très marqués, cela peut effectivement donner au lecteur la sensation que tout est très réfléchi.


Marc : Sur quels projets travaillez-vous en ce moment ?

J’ai plusieurs idées mais je ne saurais pas tellement les mettre en mots à l’heure actuelle. Il y a aussi des préparations pour Gothicat. Je sors d’une année très intense, occupée par un projet important qui n’avait pas de rapport avec l’écriture et qui mobilisait tout mon temps libre – mais ce projet a trouvé une issue positive et je peux maintenant m’y remettre.


Marc : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes auteurs ?

Vincent Tassy : Rien qui ne leur ait déjà été conseillé mille fois ! En fait, je me considère toujours comme un « jeune auteur ». Pas forcément par l’âge, mais je ne suis pas sûr d’être très légitime pour donner des conseils alors que je n’ai publié que cinq romans et quelques nouvelles. Mais je peux quand même essayer. Le premier conseil, c’est de lire beaucoup, beaucoup, tout le temps, et des choses très variées. Pour se construire son propre univers d’influences et de références. Ensuite, être tenace : ne pas se décourager quand on est dans un projet. Se forcer à se mettre au clavier même quand on n’en a pas forcément envie. L’envie viendra en écrivant. Et puis aussi, il faut être patient : entre le moment où on finit un manuscrit, le moment où un bon éditeur l’accepte et le moment où il est publié, de nombreux mois voire années peuvent s’écouler. Rares sont les contre-exemples. Il y en a, c’est vrai, mais c’est une minorité. Aussi, pour qu’un livre connaisse un destin heureux, il ne faut pas accepter n’importe quel contrat. Je suis très heureux d’avoir commencé en étant suffisamment renseigné pour éviter un certain nombre d’écueils. Renseignez-vous sur les éditeurs, déplacez-vous en salons (en ce moment, ce n’est pas évident, mais les choses, on l’espère, rentreront bientôt dans l’ordre). Évitez les éditeurs à compte d’auteur ou « participatifs » : ces prestataires de services n’aideront pas votre projet à atteindre beaucoup de lecteurs et lectrices. C’est vous qui ferez tout le travail, et rien ne dit que cela suffira ! À la rigueur, si vous êtes armé•e pour ça et que vous maîtrisez les réseaux sociaux, préférez l’autoédition, au moins vous saurez pourquoi vous dépensez de l’argent, et votre œuvre vous appartiendra toujours. Enfin, écrivez avec de l’amour et une passion totale. Soyez fidèle à votre propre voix/voie. Et ça finira par marcher. Et comme la fin de cette interview arrive, j’en profite pour vous remercier, Marc, pour vos questions très intéressantes et la grande qualité de votre travail de blogueur !

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