Le Guide Steampunk, de Étienne Barillier et Arthur Morgan

Salutations, lecteur. Aujourd’hui, je ne vais pas te parler d’une œuvre de fiction, mais d’un guide de lecture qui porte sur un genre que j’affectionne, le steampunk.

Le Guide Steampunk, d’Étienne Barillier et Arthur Morgan

D

Introduction

 

Avant de commencer, j’aimerais préciser que cette chronique émane d’un service de presse des éditions ActuSF, que je remercie chaleureusement.

Étienne Barillier est un auteur français né en 1970. Il est spécialiste de Philip K. Dick et gère le site dickien.fr. Il est également l’auteur de plusieurs essais, dont les premiers travaux sur le steampunk, avec Steampunk ! L’esthétique rétro-futur, publié en 2010 chez les Moutons Électriques, ou encore Les Nombreuses vies de Fantômas en 2006 dans la même maison d’édition. Récemment, il s’est lancé dans la fiction, avec Jupiter aux Dactyles chez le Carnoplaste (maison dont je vous reparlerai sans doute très bientôt) en 2017, mais aussi La France Steampunk en 2015, avec Arthur Morgan.

Arthur Morgan écrit des articles et anime des conférences, notamment sur le steampunk, en français et en anglais, sur les sites Brassgoggles ou MungBeing par exemple.

Les deux auteurs ont coécrit Le Guide steampunk, un ouvrage qui vise à présenter le genre du steampunk, en retraçant ses origines et en donnant un guide de lecture, tout en interrogeant des acteurs du genre tels que ses auteurs fondateurs, par exemple. La première version du Guide steampunk était parue en 2013 dans la collection « Les Trois souhaits » d’ActuSF. Une nouvelle version, révisée et augmentée, vient de paraître (en Mars 2019, donc) dans la collection Hélios des Indés de l’Imaginaire.

Voici la quatrième de couverture du Guide Steampunk :

« Des machines gigantesques mues par la vapeur, des héros en hauts-de-forme et monocles, des héroïnes en crinolines et ombrelles… L’imagerie du steampunk ne cesse de fasciner depuis la création du genre dans les années 1980. Mais, quelles en sont les origines ? Quelles sont les œuvres majeures en littérature, au cinéma ou en bande dessinée ? Comment créer son propre look steampunk ?

Rédigé par Étienne Barillier, spécialiste incontournable du genre, et Arthur Morgan, cofondateur de la communauté French Steampunk, ce guide dresse un état des lieux du steampunk aujourd’hui autour, notamment, de rencontres avec Tim Powers, K. W. Jeter, James Blaylock, Greg Broadmore ou Mathieu Gaborit. »

Puisqu’il s’agit d’un essai, je ne vais bien évidemment pas analyser les propos des auteurs ou ceux des entretiens. Je vais donc plutôt me concentrer sur la manière dont fonctionne le Guide Steampunk, dans sa compréhension et son exploration du steampunk.

 

L’Analyse

 

Explorations des rétrofuturs, mais pas que

 

S’il était déjà riche lors de sa première parution, cette nouvelle version du Guide steampunk et propose une approche toujours plus transversale, en abordant non seulement la littérature, la BD, les comics et les mangas, mais aussi la musique, le cinéma, les séries, les conventions, les sites web, et même la mode vestimentaire, avec ded guides de lecture, d’écoute, de visionnage…. La première version le faisait déjà, mais celle-ci apporte plus de détails, de conseils, de réflexions, et d’entretiens. Le lecteur pourra donc découvrir le steampunk sous toutes ses coutures (sans mauvais jeu de mots), en plus d’aborder son aspect littéraire qui est le socle fondateur de ce genre devenu un mouvement qui s’exprime dans une multitude d’arts et de formes. On peut également observer, à travers les entretiens par exemple, que les fans de steampunk n’ont pas toujours connaissance des origines littéraires du mouvement (James Blaylock, Tim Powers et K. W. Jeter), et s’y inscrivent tout de même, ce qui montre qu’il a très largement dépassé ses créateurs, qui l’ont d’ailleurs d’abord inventé comme une plaisanterie, pour finalement devenir aujourd’hui un mouvement qui compte énormément de passionnés, les « vaporistes », qui possèdent leur propre langage, leur propre mode vestimentaire, mais aussi… leurs propres sports, avec le « Duel de thés » et les « Duel d’Ombrelles » !

Le Guide steampunk donne également à lire des entretiens très intéressants, qui interrogent plusieurs acteurs du mouvement, dont les auteurs fondateurs du mouvement, James Blaylock, Tim Powers et K. W. Jeter, qui portent un regard rétrospectif sur leurs romans respectifs Homonculus, Les Voies d’Anubis et Machines Infernales et la manière dont ils ont fait (malgré eux) naître le steampunk, l’anthologiste et écrivaine Ann Vandermeer, le spécialiste universitaire Mike Perschon, des auteurs français tels que Raphaël Albert (qui a écrit Les Extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, qu’il faudra que je lise un jour), Mathieu Gaborit (auteur des Crépusculaires et de Bohème), des musiciens tels que Captain Brown d’Abney Park et Commander Bob de Victor Sierra, des organisateurs d’événements, tels que John Naylor, l’organisateur de la convention « Welcome to the Asylum », ou encore des créateurs et designers tels que Futuravapeur et Fanny Wilk (qui est à la tête du magasin Temps d’Élégance). Tous ces entretiens montrent les différentes visions du steampunk et de ce qu’il est possible de faire avec le mouvement et son esthétique, du moment qu’on a la passion et beaucoup d’idées. La pluralité des points de vue permet aussi de montrer comment chaque artiste ou créateur travaille, quelle est sa vision du genre, nous permettant ainsi d’observer la manière dont le steampunk et perçu par ceux qui le font progresser !

On peut également noter que les guides de lecture (mais pas que) se sont enrichis de plusieurs parutions récentes, avec notamment L’Empire Electrique de Victor Fleury, Le Baron Noir d’Olivier Gechter, Les Mystères de Larispem de Lucie Pierrat-Pajot, Smog of Germania de Marianne Stern, Rouille de Floriane Soulas pour les romans, de Lady Mechanika pour les comics, et toujours plus de films (Mortal Engines de Christian Rivers, Hugo Cabret de Martin Scorcese…) de séries et de groupes de musique ! Cela permet se plonger dans tous les aspects du steampunk, quelle que soit la forme artistique, et donne envie de se pencher sur absolument toutes les œuvres abordées, sans oublier celles qui permettent d’aller encore et toujours plus loin, tout en faisant comprendre au lecteur à quel point le genre et le mouvement qui en découle sont vastes et continuent d’être explorés par différents auteurs et artistes qui se l’approprient et le transforment.

Étienne Barrillier et Arthur Morgan n’oublient toutefois jamais de mentionner américains les créateurs du mouvement, sans oublier non plus les deux immenses influences que constituent Jules Verne et H. G. Wells, et évoquent également les auteurs ayant contribué de près ou de loin au mouvement et à la manière dont il a été reçu par le public, avec par exemple Le Nomade du temps de Michael Moorcock ou La Ligue des gentlemen extraordinaires d’Alan Moore et Kevin O’Neil. Les tenants français du mouvement, graphiques comme littéraires, ne sont pas en reste et sont évoqués à plusieurs reprises, avec notamment Johan Heliot, (La Trilogie de la Lune, et plus récemment Grand Siècle) Mathieu Gaborit (Bohème), Sabrina Calvo (Délius, une chanson d’été), ou encore Rémi Guérin et Guillaume Lapeyre (City Hall), ce qui montre que notre pays possède une certaine place dans cette culture ! Les deux auteurs donnent également à voir l’aspect DIY (« Do It Yourself », c’est-à-dire fabriqué et non pas acheté) des accessoires et des costumes steampunk, qui fait ressortir l’aspect contestataire du steampunk, d’une certaine façon.

 

Le mot de la fin

 

Cette nouvelle mouture du Guide Steampunk est bien plus complète que la précédente. Arthur Morgan et Étienne Barillier reviennent sur les origines du steampunk, ainsi que sur toutes ses déclinaisons artistiques, à l’aide de guides introductifs et d’entretiens, qui vous permettront de découvrir l’univers formidable du steampunk. Si vous voulez faire découvrir ce genre à un ami, je ne peux que vous conseiller de lui offrir ce guide qui pourra l’orienter vers de futures (et nombreuses) lectures !

Vous pouvez également consulter les chroniques de Célindanaé, Adlyn

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10 commentaires sur “Le Guide Steampunk, de Étienne Barillier et Arthur Morgan

  1. Très franchement, j’aimerais qu’on arrête de considérer « Les Voies d’Anubis » comme du steampunk. D’accord, il a énormément influencé le genre, mais si c’en est, alors tous les romans fantastiques se déroulant au XIXe siècle même sans technologie uchronique devraient être reclassés comme steampunk…

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